On n'en croit pas ses yeux. Les diplomates suisses auraient délibérément évité de soulever certains points controversés lors des négociations des contrats avec l'UE pour ne pas «réveiller les chiens qui dorment» à Bruxelles. Ce constat ne provient pas des critiques des contrats, mais leur a été communiqué par les autorités fédérales compétentes, écrivent les huit gouvernements des cantons de montagne (UR, OW, NW, GL, AI, GR, TI, VS) dans leur prise de position sur l'accord énergétique.
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Selon eux, la délégation de négociation suisse n'aurait même pas évoqué les «domaines délicats» autour de l'énergie hydraulique – comme la fixation de la redevance hydraulique ou l'attribution des concessions d'exploitation – lors des négociations avec l'UE, et encore moins défendu les intérêts de la Suisse. Ainsi, selon les cantons de montagne, la Confédération accepterait une «insécurité juridique».
Cette observation contredit diamétralement la version jusqu'alors présentée par le Conseil fédéral. Celui-ci était «très satisfait» de ce qu'avait obtenu l'équipe de négociation, comme l'avait déclaré, en juin, le ministre de la Justice Beat Jans. «Le résultat de la négociation renforce notre sécurité, par exemple dans le domaine de l'énergie.»
Le fait que l'UDC, les syndicats, le centre ainsi que les cantons de montagne voient la situation complètement différemment s'explique par le fait qu'ils ont tous eu désormais la possibilité de lire les contrats. Ils ont remarqué que les domaines sensibles autour de l'énergie hydraulique, stratégique pour la Suisse, ne sont pas ou peu clarifiés dans les contrats.
Lorsque les diplomates suisses n'osent pas, sur un sujet aussi important, prendre position pour la Suisse et aborder des points sensibles, qu'est-ce que cela signifie pour l'ensemble du paquet UE? Il est bien possible que d'autres aspects non abordés par les diplomates suisses à Bruxelles apparaissent au grand jour.