L’annonce selon laquelle Donald Trump envisage le retrait des 35 000 soldats américains encore stationnés en Allemagne fait l’effet d’une bombe à Berlin. On tremble dans les bureaux des ministères, parce que la cavalerie américaine se retire dans ses écuries. Trump met ici en scène une déception démonstrative face au manque de partage du fardeau et jette le gant à l’Otan. Il est clair pour lui: ceux qui ne paient pas au moins 5 % ne devraient même plus avoir voix au chapitre au sein de l’Otan.
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Pour Tino Chrupalla, c’est une excellente nouvelle. Il y voit l’occasion d’une véritable souveraineté et la fin de la vassalité. L’Europe doit enfin devenir adulte. On voit bien où ont mené cet universalisme stérile et cette posture morale: les citoyens paient l’addition pour des guerres par procuration imaginaires, tandis que l’inflation fait son retour. Si les Américains placent désormais leurs intérêts nationaux au-dessus de tout et se concentrent sur le conflit avec l’Iran, l’UE sera contrainte de renouer enfin des relations constructives et pragmatiques avec la Russie.
Ce traitement de choc est amèrement nécessaire pour une classe politique gâtée par la prospérité, qui s’est perdue dans la jungle de ses propres idéologies. Trump montre maintenant que l’Otan n’est justement pas une valeur sûre. Seul celui qui peut se défendre lui-même et qui comprend sa neutralité comme un instrument de sécurité reste capable d’agir dans la tempête de la géopolitique.