Les États de l'UE poussent pour un accord sur le prochain budget septennal de l'Union d'ici la fin 2026 au plus tard – pour une raison politiquement sensible: une possible victoire électorale du parti de droite Rassemblement National lors des élections présidentielles françaises de 2027 ne doit plus avoir d'influence sur le budget. C'est ce que rapporte le magazine Politico.
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« Au Conseil européen de décembre 2026, il y aura du sang sur les murs », cite Politico un représentant anonyme de l'UE. Il fait référence aux négociations attendues comme difficiles entre les États membres fiscalement conservateurs et ceux qui exigent des changements dans la planification budgétaire – dont l'Italie et la Pologne. Ils critiquent notamment le rythme rapide des discussions.
La crainte d'un gouvernement de droite en France est, selon plusieurs sources de l'UE, la raison principale pour le procédé accéléré. Même si Marine Le Pen ne peut pas se présenter actuellement à cause d'une condamnation pour détournement de fonds publics, son adjoint Jordan Bardella est considéré comme un candidat présidentiel avec de grandes chances. Son programme – comprenant des réductions des contributions françaises à l'UE et moins d'aide militaire à l'Ukraine – pourrait compromettre l'unanimité au Conseil.
Le président portugais du Conseil de l'UE, António Costa, souhaite finaliser l'accord « d'ici à la fin 2026 » selon sa porte-parole Maria Tomasik. La présidence danoise pousse actuellement les discussions techniques avant que Chypre ne prenne la relève en 2026, poursuivant d'autres priorités.