Déjà dans trois semaines, Crans-Montana sera de nouveau sous les projecteurs: le dernier week-end de janvier, la station de ski accueillera une Coupe du monde FIS de trois jours – deux courses féminines, une masculine. L'empathie et le soutien seront au centre des attentions: avec des minutes de silence, des brassards de deuil, des discours commémoratifs.
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Mais ce n'est que le début. Le véritable test de la réalité viendra un an plus tard – avec les Championnats du monde de ski 2027. À ce moment-là, il ne s'agira plus seulement de compassion, mais de crédibilité. Non seulement pour Crans-Montana – mais pour un pays considéré dans le monde entier comme sûr, efficace et fiable.
La tragique nuit du Nouvel An a tout changé – avec des morts, des blessés graves, des gros titres mondiaux. Dans cet endroit qui voulait justement se présenter comme une scène glamour.
En février 2027, Crans-Montana veut accueillir le monde: avec un budget de millions, un nouveau stade d'arrivée et des ambitions élevées. C'est précisément le président de la commune complètement dépassé, Nicolas Féraud, qui siège dans le comité d'organisation de la Coupe du monde – en tant que vice-président. L'ancien champion olympique Didier Défago est directeur général. Parallèlement, la coûteuse transformation de l'arène d'arrivée avec de nouvelles zones pour les fans, des tunnels et des concepts d'évacuation est en cours.
Comment réagit le camp de la Coupe du monde? Officiellement: à peine. Un article sur le site web annonce sa solidarité, remercie les secouristes. Daniel Bollinger, vice-directeur du comité d'organisation, se dit "profondément touché", mais les préparatifs se poursuivent "avec beaucoup de respect". Le chef de la Coupe du monde, Défago, reste silencieux. Seul le président honoraire Hugo Steinegger suggère qu'on ne peut pas fêter joyeusement les prochaines courses tant que des personnes luttent pour leur vie à l'hôpital.
Le tourisme et la politique misent sur le principe de l'espoir: attendre que la catastrophe passe, organiser la Coupe du monde – et parler plus tard à nouveau des médailles. Cela ne fonctionnera pas. Quand les caméras reviendront à cet endroit des images marquantes, le nom de Crans-Montana rappellera d'abord l'enfer en 2027 – et ensuite seulement les pistes de ski parfaitement préparées.
Un championnat du monde de ski n'est pas une fête de village, mais une vitrine mondiale avec des millions de téléspectateurs, des mois de couverture médiatique et des équipes de télévision internationales. Le danger est que la Suisse organise une fête de ski dans un peu plus d'un an, tandis que le reste du monde ne pose qu'une question: comment un tel événement a-t-il pu se produire dans une station de vacances haut de gamme – et qu'en avons-nous appris?
Les autorités et les organisateurs de la Coupe du monde espèrent encore que le sujet se déplacera vers les normes de sécurité, les expertises et les questions de responsabilité. Mais avec le grand événement, la réputation de la Suisse est sous les feux des projecteurs. Et il force les responsables à prouver que leur concept d'évacuation ne s'applique pas uniquement à la zone d'arrivée, mais est une attitude pour toute la destination. Et pour un pays qui se met en scène comme sûr et fiable dans le monde entier.
Ainsi, ces Championnats du monde 2027 deviennent le test ultime pour ce que la Suisse aime croire d'elle-même: sommes-nous vraiment encore le pays de la perfection? Ou juste une marque qui brille à l'extérieur – et qui est devenue creuse à l'intérieur?
Que Crans-Montana choisisse la voie de la responsabilité – ou continue d'espérer que la neige recouvre tout –, cela se décidera dans les semaines et mois à venir.