D'abord, la procureure générale Beatrice Pilloud a été critiquée parce qu'elle n'avait pas fait arrêter l'exploitant du bar sinistré, Jacques Moretti. Elle a maintenant remédié à cela huit jours plus tard et, après son audition, a ordonné sa détention provisoire. Pour cela, elle est également critiquée maintenant, car cette décision serait intervenue bien trop tard.
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Ainsi, des doutes sont semés, notamment par les avocats des familles des victimes, quant à la capacité de Pilloud à gérer l'affaire. L'investigation d'un incendie dévastateur n'est pas une enquête sur un délit économique complexe. Il s'agit d'enquêter sur la cause de l'incendie, qui a commis des erreurs, si des règlements ont été violés et non respectés, et le rôle des autorités dans cela, c'est-à-dire si les contrôles ont été exercés de manière laxiste.
Une telle enquête devrait pouvoir être gérée par Pilloud et son équipe, sinon tout l'appareil judiciaire valaisan pourrait faire ses valises. Bien sûr, dans ce cas particulier, la procureure générale subit une grande pression en raison du grand nombre de victimes et de la dimension internationale de l'affaire. Elle doit maintenant prouver qu'elle a une colonne vertébrale et présenter une clarification impeccable de cette catastrophe. Il ne doit pas y avoir le moindre soupçon que des coupables puissent fuir leur responsabilité.
Si, au cours de la procédure, d'autres infractions de Jacques Moretti sont révélées, elles devront probablement être examinées séparément - à moins qu'elles ne soient directement liées à l'incendie. Moretti a été condamné en France pour une série de délits graves. Des questions se posent également maintenant sur la manière dont il a financé ses établissements à Crans-Montana. À ce sujet, il y a de l'incertitude. Il n'est pas exclu que dans ce domaine, le Ministère public de la Confédération soit éventuellement sollicité.