La France est à nouveau en crise gouvernementale. Le Premier ministre François Bayrou est sur le point de quitter son poste. Le 8 septembre, il souhaite poser la question de confiance au Parlement, mais il manque de soutien. Son plan d'économies de 44 milliards d'euros, avec des augmentations d'impôts et des réductions budgétaires, a peu de chances de succès. Le Neue Zürcher Zeitung rapporte qu'un échec est probable.
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Sur les marchés financiers, les primes de risque sur les obligations d'État françaises augmentent rapidement. Les obligations à dix ans enregistrent près de 80 points de base de plus que les titres allemands comparables. La prime à l'échéance - un indicateur de confiance à long terme - atteint également des niveaux inquiétants. Les analystes parlent d'un scénario similaire à novembre 2024, lorsque le prédécesseur de Bayrou, Barnier, avait échoué.
Un nouveau changement de gouvernement serait le troisième en l'espace d'un an. Le président Emmanuel Macron devrait nommer à nouveau un Premier ministre. La France risque de s'enfoncer dans des crises politiques persistantes. Sur le plan économique, le pays glisse vers la périphérie européenne. Le déficit budgétaire s'élève à 114 % du PIB, la croissance est stagnante, le chômage augmente.
Un vote de défiance pourrait éviter un budget d'urgence en décembre. Mais même une démission de Bayrou ne résoudra pas le problème structurel de la dette. La prochaine décision sera prise le 12 septembre, lorsque l'agence de notation Fitch se prononcera sur la solvabilité de la France. Une dégradation n'est pas exclue.