Dans le département des affaires étrangères (EDA) d'Ignazio Cassis, on a du mal avec la transparence et la démocratie. Par exemple, pour les traités de l'UE, l'office de Cassis n'a jusqu'à présent accordé insight qu'à quelques élus.
De plus, le chef de l'EDA s'est notoirement exprimé contre la majorité cantonale. Un signe que les droits populaires démocratiques semblent être plus une épine dans le pied du conseiller fédéral tessinois qu'autre chose.
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Le ministre des Affaires étrangères est moins en conflit avec le souverain et les droits populaires ailleurs dans le monde. Un exemple particulièrement illustratif de cela est les activités de la Direction du développement et de la coopération (DDC), qui est rattachée à l'EDA d'Ignazio Cassis. Si l'on prend au pied de la lettre le langage RP de l'office, il est quasiment un exportateur de démocratie.
Au Burkina Faso par exemple, elle promeut la «culture démocratique»; en République Démocratique du Congo, c'est la «participation des citoyens» qui tient à cœur aux collaborateurs de Cassis et est financée par des centaines de milliers de francs. La DDC est également du côté de la démocratie en Arménie, où le «dialogue démocratique» est renforcé, et en Tanzanie, où le département extérieur a fait de la «renforcement des médias» sa priorité.
Ce sont là les titres de certains projets que la DDC finance en collaboration avec l'USAID. Pas moins de près de quatre-vingt-dix projets sont menés par la DDC avec l'agence de développement américaine. Coût: Environ 190 millions de francs. Cela et bien plus ressort d'une liste de l'EDA, que le Weltwoche a en sa possession.
Cette liste énumère les projets communs de la DDC avec l'organisation qui est actuellement démantelée par le gouvernement de Donald Trump. Bien que l'office de Cassis se vante d'être transparent et démocratique dans le Sud global, l'office de Cassis ne soutient pas vraiment cette position jusqu'au bout. Au moins, quand il s'agit d'argent, la transparence disparaît.
Un exemple: avec les impôts suisses, la DDC finance l'ONG Safety Organisation Inso, qui fonctionne comme un centre de coordination et de conseil dans le domaine de la sécurité pour les ONG dans de nombreux pays à travers le monde et travaille en étroite collaboration avec elles.
La DDC figure parmi les plus grands bailleurs de fonds de l'organisation. Selon les rapports d'Inso, Berne a payé environ quatre millions de dollars à l'organisation en 2022 et 2023 - les seules contributions plus importantes venant de l'USAID et de l'UE (European Community Humanitarian Aid).
Mais là où les montants ont exactement été alloués et quelles ONG en ont bénéficié, ni l'EDA ni Inso ne répondent sur demande. La transparence prévaudra donc aussi à la DDC au cas par cas.
Serait-ce que, même à l'étranger, on ne prend pas toujours autant au sérieux la culture démocratique qu'on prétend promouvoir?
Affaire à suivre.