«Des milliers de migrantes échouent à entrer dans un métier», titre le Tages-Anzeiger. De nombreuses femmes issues du regroupement familial restent en Suisse sans emploi. Cela semble au moins un peu plus honnête que l'affirmation de Fabian Schäfer dans la NZZ, selon laquelle le taux d'activité de la population étrangère résidente s'élève à 82 % («Beaucoup viennent, mais ce sont les bons»).
PATRICK PLEUL / KEYSTONE
Que fait la Confédération contre la misère qu'elle a elle-même causée? Elle souhaite conseiller «mieux» les femmes issues du regroupement familial aux frais des contribuables. Près de la moitié des femmes issues du regroupement familial n'ont en effet après huit ans qu'un revenu très faible ou nul. C'est particulièrement vrai pour les femmes originaires du Kosovo, de la Macédoine du Nord, du Brésil, de l'Inde, de la Roumanie ou de la Turquie.
La raison est que ce ne sont pas les «professionnels» tant vantés. Mais des migrants dont la qualification n'est simplement pas suffisante pour le marché du travail local. De plus, il n'existe probablement pas suffisamment d'incitations et pas de contrainte du tout pour travailler. Car grâce aux prestations de l'État social local, on s'en sort même sans emploi.
Des raisons religieuses et culturelles pourraient en outre jouer un rôle significatif. En d'autres termes: les immigrés musulmans ne tolèrent pas que leurs épouses régularisées exercent une activité professionnelle en dehors du foyer. Les conseils professionnels, d'études et de parcours bien intentionnés de l'État n'y changent rien.
Si les femmes venues par regroupement familial – notamment celles des pays tiers hors de l'UE – trouvent quand même un emploi, c'est dans le secteur social et sanitaire peu lucratif, par exemple comme aides dans les établissements pour personnes âgées ou les maisons de soins. Ici, les syndicats sortent déjà un remède miracle de leur chapeau, à savoir un apprentissage raccourci avec un joli diplôme. Dans la fausse croyance pieuse que les entreprises se précipiteraient ensuite sur ces demi-formées.