Le week-end dernier a dû être riche d’enseignements pour l’UDC. Elle a remporté les élections au parlement de la ville de Zurich. Mais l’attention du public s’est portée sur l’initiative de réduction de moitié, avec laquelle l’UDC a essuyé une défaite et, dans le même temps, mis en lumière un problème central actuel de ce parti: ces derniers temps, elle est présente sur trop de fronts et doit veiller à ne pas se disperser.
Christian Beutler/Keystone
Les priorités de l’UDC sont l’immigration, l’indépendance et la sécurité. La gestion conséquente de ces thèmes a fait de ce parti le plus performant du paysage politique helvétique. La lutte contre la redevance radio-télévision et contre la dérive gauchiste de la télévision suisse SRF peut certes être un thème séduisant pour remettre de temps à autre les pontes de Leutschenbach à leur place. Mais il s’agit d’un front secondaire.
L’ancien conseiller fédéral et stratège du parti Christoph Blocher a, par le passé, à plusieurs reprises rappelé l’UDC à la raison lorsqu’elle se laissait entraîner par des thèmes à la mode ou négligeait les compétences qui ont fait de l’UDC ce qu’elle est aujourd’hui. D’autant plus que cela renforçait les forces centrifuges au sein du parti.
Le parti est encore en phase ascendante – et enchaîne les victoires lors des élections cantonales. Mais pour poursuivre cette success story, il faut désormais se concentrer pleinement sur les véritables thèmes centraux.
Il s’agit d’une part de l’initiative sur la neutralité, qui a actuellement la vie dure au Parlement. De nombreux Suisses ne sont pas prêts à abandonner leur instrument de sécurité le plus important, la neutralité intégrale. Ces dernières années et ces derniers mois, beaucoup de colère s’est également accumulée dans la population, par exemple à propos des étrangers criminels, des requérants d’asile qui perçoivent des prestations sociales et ne travaillent pas. Avec son initiative pour la protection des frontières, l’UDC veut mettre un terme aux abus en matière d’asile.
En matière d’immigration en provenance des États de l’UE et de l’AELE, beaucoup de choses vont également de travers. Le plus grand parti de Suisse tente ici de réagir avec « l’initiative pour la durabilité ». Et bien sûr, la grande bataille pour l’interprétation des nouveaux accords avec l’UE fait depuis longtemps rage. L’UDC est particulièrement sollicitée sur ce terrain, car il en va de notre souveraineté.
Gérer efficacement ces thèmes est déjà en soi une tâche herculéenne. Le parti doit donc veiller à ne pas gaspiller son temps avec des thèmes secondaires.