Ce commentaire a été publié pour la première fois le 3 mars 2025 sur le portail Nachdenkseiten.
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« Trump annonce une nouvelle grande vague d’attaques contre l’Iran » – c’est le titre de une de mon quotidien du 3 mars 2026. À côté, on voit, à juste titre, les grands-parents de Donald Trump. Ils viennent de mon voisinage, de Kallstadt, à l’extrémité nord de la route des vins du Palatinat. Le chancelier Merz a l’intention de marquer des points lors de sa visite à Washington avec l’acte de naissance de ces gens paisibles. Il est toutefois probable que le chancelier fédéral ne mentionnera pas à cette occasion – et ne s’en plaindra pas non plus – que cette nouvelle vague d’attaques américaines inclut à coup sûr des avions et des drones qui ont décollé de la patrie palatine des grands-parents de l’actuel président des États-Unis ou qui y sont pilotés à distance.
Thomas Frey/DPA/Keystone
Par beau temps, en regardant par la fenêtre à Pleisweiler (Palatinat du Sud), je peux régulièrement observer des avions qui volent du nord-ouest vers le sud-est – probablement aussi ceux venant des bases palatines de Ramstein et de Spangdahlem à destination du Proche et du Moyen-Orient.
Nous ici, tout comme le chancelier fédéral à Berlin, ne sommes pas informés de ces vols et encore moins consultés pour donner notre accord. Ils décollent de sol allemand, leur cargaison mortelle frappe des êtres humains dans d’autres pays – sans notre consentement. Et cela 81 ans après la Seconde Guerre mondiale. Et sans discontinuer. Encore et toujours.
Les États-Unis nous ont libérés des nazis en 1945 – avec d’autres peuples, y compris l’Union soviétique. C’est méritoire, et tous ceux qui n’étaient pas nazis en étaient reconnaissants. Mais la libération de 1945 ne peut, près d’un siècle plus tard, servir de justification pour intervenir militairement à partir d’ici dans d’autres pays, y détruire des villes et des logements et tuer de nombreuses personnes.
Les personnes influentes dans notre environnement voient manifestement les choses tout autrement. Dans le deuxième grand article à la une de la Rheinpfalz déjà mentionnée, le rédacteur en chef du journal entonne un hymne à la présence de l’armée américaine dans le Palatinat. Le titre et le sous-titre sont les suivants:
À Ramstein, ils sont « vigilants » – la base aérienne américaine en Hesse rhénane occidentale est un important carrefour pour l’armée dans ses opérations au Proche-Orient.
L’introduction poursuit ainsi:
KAISERSLAUTERN. La base aérienne de Ramstein revêt une importance stratégique pour les États-Unis dans la guerre contre l’Iran. Depuis des semaines, encore plus d’avions que d’habitude y décollent et y atterrissent. Une porte-parole livre au moins quelques détails.
Le vrombissement des lourds avions américains fait partie du quotidien des habitants de l’Ouest du Palatinat. Les appareils survolent régulièrement les villes et villages autour de Kaiserslautern. Ces dernières semaines, les activités se sont toutefois considérablement intensifiées. Alors même que des représentants de l’Iran et des États-Unis étaient encore assis à la table des négociations, de plus en plus d’avions décollaient de Ramstein. Peu à peu, les États-Unis acheminaient du matériel vers le Proche-Orient. Et Ramstein a joué et joue, comme si souvent, un rôle important.
…
Selon l’agence de presse Reuters, au moins sept avions américains ont été transférés d’Espagne à Ramstein. L’Espagne avait annoncé qu’elle n’acceptait pas que des attaques contre l’Iran soient menées depuis son territoire.
Il y a tout de même encore des responsables politiques raisonnables en Europe. Le gouvernement espagnol refuse de se laisser transformer en auxiliaire meurtrier des États-Unis. C’est remarquable. Tout aussi remarquable, d’ailleurs, qu’une autre dépêche, également en première page de la Rheinpfalz du 3 mars 2026. Le titre est:
Le pape claque la porte au président américain – le pontife ne se rendra pas aux États-Unis pour le jubilé de la Déclaration d’indépendance – Léon XIV entretient des relations difficiles avec Trump.
Eh bien! La raison reçoit un appui inattendu.
Albrecht Müller a été chef de la planification à la Chancellerie fédérale sous Willy Brandt et Helmut Schmidt. De 1987 à 1994, il a été député du Bundestag pour le SPD.