Après le résultat positif du trimestre de la BNS à fin septembre 2025, de nombreux cantons budgètent à nouveau une distribution. En 2024, la BNS a distribué un total de trois milliards de francs. Deux tiers de ce montant vont aux cantons et un tiers à la Confédération. Onze cantons, dont Berne, Bâle-Ville et Argovie, ne prévoient aucune distribution. Parmi les quinze autres cantons qui s'attendent à recevoir de l'argent de la BNS en 2026, huit estiment qu'ils recevront l'année prochaine autant ou moins d'argent de la BNS par rapport au budget 2025. Parmi eux se trouvent Zurich, Grisons ou Schaffhouse.
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Un regard sur les sources de revenus des trois premiers trimestres montre que le résultat est exclusivement dû à la forte hausse du prix de l'or. Le succès de l'or s'élève à 22,9 milliards. Cela a permis de compenser plus que les pertes des positions en devises étrangères (moins 9 milliards) et en francs (moins 0,9 milliard). Il restait un succès brut de presque 13 milliards. Mais tout investisseur sait que le prix de l'or peut au moins temporairement se corriger à nouveau, même si beaucoup indiquent un prix de l'or en hausse. Surtout les banques centrales, mais aussi les particuliers, se méfient de moins en moins de la politique. Les investisseurs essaient de se protéger contre l'inflation et les pertes de change par des achats d'or. Les banques centrales ne sont plus prêtes à financer les dettes publiques d'autres pays en achetant leurs obligations d'État, risquant ainsi même une confiscation de ces titres. À cela s'ajoute une demande industrielle croissante rapidement.
Maintenant, grâce aux stocks d'or restants, des bénéfices de la BNS de l'ordre de milliards sont en vue, et les cantons veulent soudainement en profiter. En 2014, toutes les gouvernements cantonaux étaient encore unanimement contre l'initiative de l'UDC sur l'or, qui demandait une augmentation des réserves d'or de la BNS, avec l'argument lapidaire que l'initiative mettrait la BNS dans des « chaînes dorées », entraverait sa politique monétaire et mettrait en péril les distributions annuelles aux cantons. La réalité montre maintenant exactement le contraire. Une distribution ne serait rendue possible que grâce aux profits sur l'or. Mais même dans le livret de vote, les électeurs ont été induits en erreur: « L'or ne rapporte aucun rendement sous forme d'intérêts ou de dividendes. La distribution de bénéfices de la Banque nationale à la Confédération et aux cantons serait donc plus petite ». Le renoncement aux distributions au cours des dernières années n'était pas la conséquence des placements en or supposément non rentables, mais des achats de devises et des investissements dans des obligations en devises étrangères.
Le 14 novembre 2014, lorsque le peuple suisse a rejeté l'« initiative sur l'or », le prix de l'or était à 36'556 francs par kilo. Si l'initiative avait été adoptée, la BNS aurait dû investir à l'époque environ 55-60 milliards d'or (environ 1500 tonnes) pour porter la part des réserves d'or de 7,5% à l'époque (octobre 2014) aux 20% requis des investissements en capitaux. Ces 60 milliards seraient devenus aujourd'hui 150 milliards. Mais tout aussi grave était la mauvaise décision de vendre la plupart des réserves d'or de 2600 tonnes d'autrefois. Après l'entrée en vigueur de la loi fédérale le 1er mai 2000, la BNS a vendu jusqu'à fin septembre 2009 1550 tonnes au prix moyen de 17'600 francs par kilo. Si elle l'avait gardé, un gain de 125 milliards aurait été réalisé depuis lors jusqu'à aujourd'hui. Heureusement, il restait encore 1040 tonnes, qui au 30.9.2025 à un prix au kilo de 98'024 francs figuraient dans le bilan avec 101,9 milliards. Depuis les ventes d'or entre 2001 et 2009, un gain de 83 milliards en a résulté.
Avec les gains manqués, il aurait été possible non seulement de résoudre partiellement les problèmes financiers de l'AVS, mais aussi de financer sans problème la modernisation de notre armée. Mais ce n'étaient pas seulement les autorités de la BNS et les gouvernements cantonaux qui ont pris des décisions extrêmement coûteuses. Chaque électeur qui a voté contre l'« initiative sur l'or » à l'époque ne devrait pas se plaindre aujourd'hui des gains manqués.