En plein milieu d’événements guerriers en Europe et au Moyen-Orient, notre Parlement prend une décision favorisant la guerre! Il rejette l’initiative sur la neutralité et s’oppose à la neutralité perpétuelle, armée et intégrale – donc au succès de la politique suisse de préservation de la paix. Même une contre-proposition du Conseil des États visant à ancrer la neutralité perpétuelle et armée n’a pas obtenu le soutien du Conseil national.
Le ton a été donné par le PS. Il ne veut en principe aucune neutralité, afin de pouvoir décider au cas par cas quel État lui convient et lequel ne lui convient pas. De plus, le PS est opposé à une armée suisse. Il ne peut donc pas être en faveur de la neutralité suisse. Incompréhensible est le refus du PLR. Le PLR souhaite s’aligner sur la politique de sécurité contraire à la neutralité de l’OTAN et de l’UE. Mais une question se pose: qu’est-il le plus probable? Que l’OTAN et l’UE viennent à notre secours en cas d’attaque contre la Suisse, ou que des soldats suisses doivent mourir à l’étranger pour l’OTAN et l’UE?
Parce que le Conseil national et le Conseil des États ont voté différemment sur la contre-proposition, les représentants favorables à la neutralité ont été rapidement remplacés par des opposants lors de la conférence de conciliation par le PLR et Le Centre. Les membres des groupes parlementaires ont accepté cela sans broncher!
On rapporte de Berne que le conseiller fédéral Ignazio Cassis aurait déclaré en commission que la Suisse devrait s’excuser devant le monde si elle inscrivait la neutralité perpétuelle et armée dans la Constitution. Bien entendu: s’excuser pour l’un des piliers de notre État, qui a épargné à notre pays la guerre depuis plus de deux cents ans. Les destructeurs de la Suisse ont fait du chemin.