Le dénonciateur est un fidèle de l'histoire – et un phénotype du présent. Dans l'Union européenne de l'année 2026, il est même expressément demandé et encouragé. On chuchotait depuis longtemps sur des hommes et des femmes de l'ombre, qui, au nom de la commission Von der Leyen, espionnent sur le net et signalent les contenus souhaités aux opérateurs de plateforme.
Ce n'est pas une théorie du complot, mais le beau nouveau monde de l'Internet de Bruxelles. Le Digital Services Act le rend possible. Pas étonnant que les Américains s'opposent vigoureusement à cette loi de surveillance et de censure, tout comme un Donald Trump ou un propriétaire de X Elon Musk.
L'UE appelle le dénonciateur moderne, qui détecte des déclarations indésirables pour leur compte, un «trusted flagger», c'est-à-dire «signalant de confiance». Pour cela, l'Union a tendu tout un réseau de dénonciateurs sur son territoire. Dans chaque État membre, elle a installé des Coordonnateurs de services numériques (DSC) qui attribuent à leur tour à des organisations volontaires le statut de délateurs officiellement reconnus. Les signalements soumis par ces derniers doivent être «traités en priorité», car ils seraient «plus précis» que ceux «soumis par un utilisateur moyen», selon l'UE.
En Allemagne, par exemple, Hate Aid est une telle organisation, choisie par l'Agence fédérale des réseaux d'électricité, de gaz, de télécommunications, de postes et de chemins de fer. Les directrices de Hate Aid ne sont actuellement pas autorisées à entrer aux États-Unis, car le gouvernement américain s'oppose à de tels actes «de censure extraterritoriale», comme le dit le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio.
En Autriche, c'est entre autres l'organisation ZARA – Civil courage et travail anti-racisme. Celle-ci, comme elle l'écrit sur son site web, est littéralement submergée par des signalements de dénonciateurs en herbe. Citation: «Les conseilleurs de ZARA des bureaux de conseil!Contre le Racisme et #ContreHaute sur Internet sont intensivement occupés du mercredi 24 décembre au mercredi 7 janvier 2026 par le suivi et la documentation des signalements déjà reçus. Pendant cette période, nous ne pouvons malheureusement pas accepter de nouveaux signalements.»
On le remarque déjà à travers le langage inclusif: Les «signalants de confiance» proviennent généralement d'un milieu politique de gauche. Le système «racisme» garantit «aux personnes blanches des privilèges sociaux, économiques et politiques ainsi qu'une position plus puissante dans la société», selon ZARA.
Ce qui est particulièrement perfide et érode l'état de droit avec cette forme de surveillance, de contrôle et de censure, c'est qu'elle ne vise pas seulement les déclarations interdites, mais couvre également les opinions tout à fait légales. Un trusted flagger comme ZARA se vante expressément de «cependant lutter contre les formes légales et illégales de haine sur le net».
Ce n'est pas un dérapage, mais le quotidien sous le Digital Services Act. Les Américains ont donc raison de considérer cela comme une violation de la liberté d'expression et des droits de l'homme.