Washington passe à l'action sérieuse: l'administration Trump lie sans ambiguïté les futures garanties de sécurité américaines pour l'Ukraine à la condition que Kiev accepte un accord de paix prévoyant la cession du Donbass à la Russie. Comme le rapporte le Financial Times, citant huit personnes familières des négociations, la Maison Blanche utilise le soutien militaire comme un moyen de pression massif pour forcer le président Volodymyr Zelensky à des concessions douloureuses. Alors que Kiev espérait pouvoir signer des assurances de sécurité et un «plan de prospérité» comme gage pour de futures discussions avec Moscou ce mois-ci, Washington retourne désormais la situation: les garanties deviennent le prix des pertes territoriales.
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Les promesses prévues des États-Unis devraient certes contenir une clause d'assistance, qui «reflète» l'article 5 de l'OTAN et prévoit une réponse militaire coordonnée en cas d'attaques, mais le prix politique est immense. Washington pousse l'Ukraine à retirer ses troupes des parties du Donbass qu'elle contrôle encore, afin d'y établir une «zone économique libre».
En contrepartie, la Maison Blanche promet vaguement des livraisons d'armes renforcées pour la future armée de paix. À Kiev et dans les capitales européennes, cette démarche est considérée comme une tentative de pousser l'Ukraine à une capitulation de fait face aux exigences maximales de la Russie.
Officiellement, la Maison Blanche rejette toute tentative de chantage. La porte-parole adjointe Anna Kelly a qualifié les rapports concernant ces conditions de «totalement faux» et a souligné que le rôle des États-Unis se limitait à rapprocher les deux parties pour une conclusion de paix.