Depuis 2022, le Contrôle fédéral des finances surveille le financement des partis et des campagnes de votation au niveau fédéral. Pour l’année civile 2024, le PS disposait de 8,2 millions de francs (en 2023, c’étaient même 9 millions), et de loin des moyens les plus importants. Suivent le PLR avec 3,4 millions et l’UDC avec 2,8 millions de francs.
Christian Beutler/Keystone
On pourrait expliquer la capitalisation remarquablement élevée du PS, pourtant critique du capitalisme, par le fait que ses élus doivent y verser le pourcentage le plus élevé de leurs indemnités. Mais la part des mandats dans l’énorme somme de 8,2 millions pour le PS ne s’élève qu’à 0,5 million de francs.
D’où provient donc le budget relativement gigantesque du PS? Les 2,1 millions de francs de cotisations des membres ne suffisent pas à l’expliquer. Et pourquoi le PS est-il en mesure, selon les indications du Contrôle fédéral des finances, de débourser 820 000 francs pour une seule campagne de votation? Il s’agit tout de même de la plus grande contribution individuelle que les amis de la SSR peuvent brûler pour leur campagne du non. Et cela contre l’initiative de réduction des redevances SSR, qui n’a fondamentalement rien à voir avec les revendications centrales de la social-démocratie.
La réponse est: nous ne le savons pas. Ce que nous savons en revanche: aucun parti suisse ne sort un montant de 820 000 francs simplement de sa petite caisse. L’argent doit bien venir de quelque part. Tout comme les 5,6 millions de francs dont dispose le PS en plus des cotisations des membres et des contributions de mandat. On peut envisager des dons de grande ampleur de la part de syndicats richissimes comme l’Union syndicale suisse (USS) ou Unia.
Tant qu’on n’en sait rien, les prescriptions fédérales en matière de transparence du financement de la politique sont assez peu adéquates – et elles dissimulent plus qu’elles n’apportent de clarté. Ainsi, par exemple, les associations économiques en sont également exemptées. Or il serait pourtant extrêmement intéressant de savoir quelles entreprises versent, par exemple, combien d’argent à Economiesuisse pour soumettre la Suisse, en 2027 ou 2028, à la législation de l’UE au moyen d’un accord institutionnel.