Un an à peine après les élections législatives, l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) saisit la Cour constitutionnelle fédérale. Le parti veut obtenir à Karlsruhe un nouveau dépouillement de tous les bulletins et ainsi entrer a posteriori au Bundestag. La requête doit être déposée le 18 février. Si la Cour donne suite à la plainte, de nouvelles élections ne seraient pas exclues.
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En toile de fond se trouve l’échec extrêmement serré du BSW au seuil des cinq pour cent lors du scrutin du 23 février 2025. Selon le résultat officiel définitif, le parti a obtenu 4,981 % des secondes voix, soit 9529 voix manquantes à l’échelle fédérale. Le BSW part du principe que des erreurs de comptage ont faussé le résultat et que le parti aurait en réalité eu droit à environ 35 sièges au Parlement.
La fondatrice du parti, Sahra Wagenknecht, a qualifié la procédure de question de principe pour la démocratie. Compte tenu du résultat historiquement serré et d’«irrégularités démontrables», il est «même très probable» que le BSW ait en réalité dépassé les cinq pour cent. La présidente du parti, Amira Mohamed Ali, a évoqué plusieurs sources d’erreurs possibles, parmi lesquelles des voix mal attribuées, des bulletins valides non pris en compte ainsi que des voix comptabilisées comme nulles. Dans son propre calcul, le BSW arrive à un potentiel d’environ 33 000 voix mal comptées.
La commission de vérification des élections du Bundestag avait déjà examiné les recours correspondants et les avait rejetés à la majorité. Seul l’AfD s’est prononcé en faveur d’un nouveau dépouillement, mais le plénum du Bundestag l’a refusé. Wagenknecht a reproché aux autres partis d’agir par intérêt propre et a parlé d’un «spectacle embarrassant» digne d’une «république bananière».
Si Karlsruhe donne raison au BSW, cela aurait des conséquences politiques considérables. La coalition noire-rouge dirigée par le chancelier Friedrich Merz ne disposerait plus mathématiquement de sa propre majorité. Dans ce cas, une coalition élargie, un gouvernement minoritaire ou encore de nouvelles élections seraient envisageables.