L’économiste Veronika Grimm met en garde contre une aggravation drastique de la situation financière de l’État fédéral: dès 2029, l’ensemble des recettes pourrait être entièrement absorbé par les dépenses sociales, la défense et le service de la dette. « Dès 2029, les dépenses pour le social, la défense et les intérêts que nous devons payer dès maintenant dévoreront la totalité des recettes de l’État fédéral », a expliqué Grimm dans une interview.
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Selon les chiffres actuels, le budget fédéral 2025 s’élevait à environ 493 milliards d’euros pour des recettes d’environ 428 milliards d’euros. Aujourd’hui déjà, près d’un euro d’impôt sur deux est consacré au travail et aux affaires sociales. D’ici 2028, les dépenses sociales devraient, selon la planification budgétaire, dépasser les 200 milliards d’euros. Parallèlement, le budget de la défense augmentera pour dépasser les 70 milliards d’euros – en plus des fonds spéciaux pour la Bundeswehr. La charge des intérêts augmente également: après des années de faibles taux, l’État fédéral paie désormais plus de 40 milliards d’euros par an pour le service de la dette, avec une tendance à la hausse.
Selon Grimm, il ne menace pas un défaut de paiement immédiat, mais bien une paralysie stratégique. Les recettes courantes seraient en grande partie déjà engagées, laissant très peu de marge de manœuvre politique. En toile de fond: l’évolution démographique avec la hausse des coûts des retraites et de la santé, ainsi que l’augmentation des coûts de refinancement de la dette publique.
Certes, le Bundestag a adopté en 2025 un fonds spécial financé par l’emprunt d’environ 500 milliards d’euros pour les investissements. Mais celui-ci ne soulage que partiellement le budget ordinaire, car il est principalement destiné aux infrastructures et à la modernisation.