Dans une interview accordée à la Basler Zeitung, la conseillère nationale du Centre Elisabeth Schneider-Schneiter a été interrogée sur les conséquences qu’aurait l’acceptation de l’initiative populaire « Pas de Suisse à 10 millions! ».
La réponse de la présidente de la Chambre de commerce des deux Bâle a été la suivante: « Nos employeurs perdraient de nombreux travailleurs étrangers importants. Cela ne concernerait pas seulement l’industrie pharmaceutique, mais aussi le commerce de détail, la construction et les soins. Ce serait dévastateur. Et si nous n’avions pratiquement plus de frontaliers… »
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En réalité, le site pharmaceutique de Bâle ne perdrait pas un seul travailleur étranger à cause de l’initiative pour la durabilité. Car les étrangers qui sont aujourd’hui légalement établis ici ne sont pas concernés. L’initiative porte sur l’avenir – et permettrait encore une immigration d’environ 40 000 personnes par an jusqu’en 2050.
Encore plus absurde est l’affirmation de Schneider-Schneiter selon laquelle, à cause de l’initiative pour la durabilité, on n’aurait « pratiquement plus de frontaliers ». En effet, les 410 000 frontaliers qui travaillent en Suisse et franchissent régulièrement la frontière ne sont justement pas concernés par l’initiative. Le texte de l’initiative ne parle exclusivement que de la « population résidente permanente de la Suisse ». À laquelle, comme on le sait, les frontaliers n’appartiennent pas.
Il est presque douloureusement embarrassant de constater que même des prétendus représentants de l’économie au Parlement n’ont manifestement pas lu une seule fois le texte de l’initiative pour la durabilité. Pour ensuite s’en indigner malgré tout. On peut imaginer quel flot de contre-vérités les politiciens, les associations et les syndicats vont encore déverser sur les électeurs d’ici au 14 juin.