En Iran, des foules protestent à travers la république islamique contre la clérocratie. Contre les conditions de vie misérables. Contre une dictature qui musèle son peuple. Et qui ne parvient pas à lui garantir le nécessaire pour une existence digne.
Et que se passe-t-il dans les rues de l'Europe? Un silence enivrant.
UGC via AP
Des vidéos sur les réseaux sociaux montrent comment les forces de sécurité en tenue de combat tentent de briser les révoltes. Des voix du pays font état de dizaines de morts.
Où est la jeunesse Insta, qui appelle depuis plus de deux ans à la « mondialisation de l'Intifada »?
Où est la gauche Cüpli, qui se plaint de « génocide » à Gaza?
Où sont les socialistes caviar, qui mobilisent facilement pour la condamnation de l'« État d'apartheid » israélien?
Ils détournent le regard et ferment les yeux.
Les informations en provenance d'Iran sont difficiles à vérifier, disent les médias. Après que le régime a coupé Internet et les communications téléphoniques il y a quelques jours.
C'est bien vrai. Que l'obscurcissement imposé sert à paralyser le peuple dans sa résistance et offre aux sbires de l'Ayatollah Khamenei la protection nécessaire pour agir brutalement contre le peuple protestataire – cela est omis dans le défilé de protestation palestinien.
De plus: il y a des preuves à foison de la brutalité du régime depuis près de 20 ans. L'auteur de ces lignes les a témoignées de ses propres yeux lors de la répression du « mouvement vert » en 2009 et en a fait rapport.
Mais la trace sanglante documentée des mollahs ne suffit pas. Elle ne suffit pas à faire descendre dans la rue les agitateurs européens des manifestations palestiniennes.
Tous les activistes anti-Israël, qui organisent depuis bien plus de deux ans des marches à travers Berne et de nombreuses villes européennes – ils se sont toujours tus quand il s'agit de l'Iran.
Comme si les jeunes femmes qui s'insurgent contre l'obligation de se voiler ne méritaient aucune solidarité.
Comme si les vies des personnes qui périssent sous les balles des sbires des mollahs n'avaient aucune valeur.
Voyons comment réagit la gauche spontanée lorsque le président américain Trump donne suite à son avertissement qu'il – en cas de brutalité persistante – agira contre les chefs spirituels en Iran.
Pari que la manivelle de protestation sera alors mise en marche et qu'on sonnera bruyamment contre « le boutefeu de guerre » Trump.