Le Conseil fédéral n’accorde plus aucune nouvelle autorisation d’exportation de matériel de guerre vers les États-Unis. Le gouvernement a indiqué que cette décision était une réaction à la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran et qu’elle s’appuyait sur le droit de la neutralité ainsi que sur la loi sur le matériel de guerre. « L’exportation de matériel de guerre vers les pays impliqués dans le conflit armé international avec l’Iran ne peut pas être autorisée pendant la durée du conflit », a écrit le Conseil fédéral vendredi dans un communiqué.
Peter Klaunzer/Keystone
Dans la pratique, la décision concerne surtout les États-Unis. Pour Israël et l’Iran, des règles d’exportation restrictives ou de fait suspendues sont déjà en vigueur depuis un certain temps. Depuis le début des attaques militaires fin février, aucune nouvelle autorisation n’a de toute façon été délivrée, selon les indications officielles.
Les autorisations d’exportation existantes restent pour l’instant valables, mais doivent être réexaminées. Un groupe d’experts composé de représentants des départements de l’économie, des affaires étrangères et de la défense analyse en continu si les livraisons restent compatibles avec la neutralité. Les biens dits à double usage sont également examinés – c’est-à-dire les biens pouvant être utilisés à la fois à des fins civiles et militaires. Des produits militaires spécifiques, comme les avions d’entraînement ou les simulateurs, passent aussi au premier plan. Les exportations susceptibles de relever de régimes de sanctions sont également prises en compte.
Sur le plan juridique, une mesure plus poussée serait également possible, selon un rapport de la SRF: les autorisations déjà délivrées pourraient être suspendues ou révoquées si elles contreviennent à la neutralité. Le Conseil fédéral mise toutefois, dans un premier temps, sur un contrôle continu plutôt que sur un arrêt général des affaires existantes.