Lors du prochain sommet de l'OTAN à La Haye, le sujet de l'Ukraine est remarquablement relégué au second plan. Ni une rencontre du Conseil OTAN-Ukraine n'est prévue, ni la venue du président ukrainien Volodymyr Zelensky – invité uniquement au dîner d'ouverture mardi – n'est assurée.
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Comme le rapporte le magazine politique américain Politico, cela résulte d'une réduction délibérée de la thématique ukrainienne sous la pression des États-Unis. Malgré les souhaits contraires de certains États membres, Washington n'était pas intéressé à attirer l'attention sur une guerre, «que Trump avait promis de résoudre lors de la campagne électorale de 2024 - et n'a pas encore résolue», selon «Politico», citant des personnes familières avec les préparatifs.
La concentration du sommet sur une nouvelle promesse de dépenses - cinq pour cent du PIB pour la défense - est considérée comme une concession au président américain. En ce qui concerne la guerre en Ukraine, il reste cependant des gestes symboliques. En coulisses, un compromis a été recherché pour permettre aux États membres plus petits de se donner plus de temps pour mettre en œuvre les nouvelles directives de défense.
La gestion prudente de la question ukrainienne s'inscrit dans une évaluation de plus en plus sobre des observateurs occidentaux : selon «Time», Zelensky se sent isolé et trahi par ses alliés. Le journaliste américain Seymour Hersh rapporte même que des parties importantes des troupes ukrainiennes auraient «pratiquement abandonné» l'offensive contre la Russie. Le sommet de La Haye reflète désormais institutionnellement cette évolution.