Dans le cadre d'une action humanitaire, la Suisse évacue un premier groupe de sept enfants blessés de la bande de Gaza, accompagnés de membres de leur famille. Selon Vincenzo Mascioli, secrétaire d'État aux migrations, les craintes que des terroristes puissent entrer en Suisse avec ces personnes sont infondées. À la question de savoir si le haut fonctionnaire du département de Beat Jans est certain que la Suisse ne fait pas entrer des criminels dans le pays avec les accompagnateurs des enfants de Gaza, il a répondu à la Weltwoche: «Nous pouvons supposer que, s'il y avait eu des doutes sur la sécurité, les personnes n'auraient pas pu entrer en Israël.»
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Au moindre indice de risque pour la sécurité, Israël ne donne pas de feu vert pour une entrée et un transit, confirme le département d'informations du Secrétariat SEM.
Cependant, la Suisse ne peut et ne doit pas se reposer sur Israël pour évaluer les risques sécuritaires de ceux qui souhaitent quitter Gaza. Bien au contraire: le fait que seuls des enfants et leurs accompagnateurs ayant un casier judiciaire vierge viennent en Suisse n'est pas une priorité pour Israël. Depuis mars, «l’établissement de défense a considérablement facilité la procédure de sortie des résidents de la bande de Gaza vers des pays tiers», selon COGAT, l'agence du ministère israélien de la Défense chargée de la coordination civile entre Israël et les territoires palestiniens.
En réponse à une demande de la Weltwoche, COGAT déclare sans ambages: «La proportion des vérifications de sécurité approuvées a considérablement augmenté depuis lors, et la plupart des demandes sont approuvées.» Parmi les principales missions de COGAT figurent, en plus de la coordination de l'aide humanitaire, l'autorisation des mouvements de personnes et de marchandises entre Israël, la Cisjordanie et Gaza.
Le fait qu'Israël ferme les yeux lors du contrôle de sécurité des Palestiniens souhaitant se rendre à l'étranger via Israël pour des soins médicaux a une raison simple: Israël ouvre sa frontière à tous ceux qui veulent échapper à la bande de Gaza et vivre en sécurité. En d'autres termes: le gouvernement israélien se réjouit de chaque personne quittant la bande de Gaza.
En Suisse, les patients et leurs accompagnateurs reçoivent un visa humanitaire. Cela autorise l'entrée en Suisse et un séjour jusqu'à 90 jours. Ensuite, le séjour doit être réglé autrement. «En raison de la situation humanitaire et socio-économique catastrophique à Gaza, un retour n'est actuellement pas envisageable», déclare le SEM. Et: «Les patients de Gaza et leurs accompagnateurs ont le droit de déposer une demande d'asile.» La compassion ne doit pas signifier imprudence.
En bref: ceux qui accueillent des enfants blessés de Gaza portent également une responsabilité pour ceux qui les accompagnent. L'autorisation d'Israël ne doit pas être confondue avec un casier judiciaire vierge.