Comme l'a rapporté la NZZ am Sonntag, le plan pour faire venir vingt enfants blessés de Gaza avec quatre accompagnateurs chacun a été élaboré en marge du festival du film de Locarno. Le fan marxiste de Cuba et de la Palestine, ancien conseiller national du PS et médecin Franco Cavalli, a parlé avec la conseillère d'État socialiste tessinoise Marina Carobbio et avec la conseillère fédérale socialiste Elisabeth Baume-Schneider. Le conseiller aux États socialiste genevois Carlo Sommaruga aurait, à la demande de ces derniers, pris contact avec le conseiller fédéral socialiste Beat Jans. Ainsi, le plan a été conçu aux frais de la collectivité.
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Les cantons, dont la population doit supporter cette action, ont été sollicités par une circulaire de deux secrétaires généraux des départements dirigés à gauche, Baume-Schneider et Jans, pour participer. Tout comme l'a prédit le Weltwoche jeudi, seuls 6 cantons sur 26 participent. Les grands cantons de la Suisse alémanique ont refusé.
Car ce qui sonne humanitaire est en réalité le contraire. Les sept premiers enfants, puis vingt enfants, sont choisis arbitrairement, tous les autres restent sur place. Privilégier certains signifie toujours désavantager les autres. Comment expliquer au monde pourquoi l'on choisit précisément quelques enfants de Gaza parmi les nombreux zones de guerre dans le monde? Pourquoi tous les autres ont-ils moins de droits? Comment justifier les coûts individuels élevés des traitements en Suisse, où plus d'enfants pourraient être sauvés dans la région concernée avec le même montant? Et est-il acceptable, envers la population locale – en particulier envers la minorité juive – d'importer éventuellement des violences supplémentaires. D'autant plus que les enfants palestiniens se voient inculquer des sentiments de haine envers leurs prétendus bourreaux dès leur plus jeune âge.
Surtout, les hautes personnalités politiques du PS ont oublié ce que cela signifie pour les enfants d'être arrachés à leur environnement habituel pour toute leur future vie. Pas étonnant qu'ils souffrent de sentiments d'angoisse correspondants, comme le rapportent nos médias. D'où vient notre arrogance de supposer qu'il doit plaire à ces enfants de Gaza, pour des avantages matériels, à Bâle et Genève avant l'hiver, plutôt que sous leur soleil chaud?
Raphael Rauch a fait sensation dans le Sonntagsblick. Cet ancien journaliste religieux a raconté, en lien avec l'arrivée par avion, l'histoire de Noël avec Marie et Joseph. Exactement comme les instigateurs de l'action l'avaient anticipé, leur coup avec les enfants de Gaza devient un acte de la plus haute miséricorde chrétienne. Rauch invoque justement, lors de l'accueil de cent musulmans supplémentaires potentiellement radicalisés, la « Suisse judéo-chrétienne ». De laquelle il semble n'avoir que des connaissances limitées. Sinon, Rauch ne pourrait pas écrire des absurdités affirmant que nos pédiatres devraient se rebeller, car après tout, ils ont « prêté le serment d'Hippocrate ». Pour rappel: En Suisse, les médecins ne prêtent ni le serment d'Hippocrate ni aucun autre serment. Sauf s'ils occupent un poste politique.