La police de Berlin enquête sur le publiciste Rainer Zitelmann en raison d’une comparaison entre Hitler et Poutine sur les réseaux sociaux.
Selon les informations de la Neue Zürcher Zeitung, l’Office régional de police criminelle de Berlin mène une procédure pour suspicion d’utilisation de symboles anticonstitutionnels. À l’origine se trouve un photomontage partagé par Zitelmann sur la plateforme X, sur lequel Adolf Hitler avec un brassard à croix gammée et le président russe Vladimir Poutine sont placés face à face.
Leopold Heinz/Wikimedia Commons
Dans le montage, deux déclarations sont mises en parallèle. Hitler est cité avec la phrase: « Donnez-moi la Tchécoslovaquie et je n’attaquerai personne d’autre. » Poutine est présenté avec une déclaration similaire concernant l’Ukraine. La représentation est censée faire allusion aux parallèles historiques avec la politique d’apaisement avant la Seconde Guerre mondiale.
Le parquet considère toutefois la publication comme une possible diffusion d’un symbole interdit, car le brassard à croix gammée de Hitler est visible sur l’image. L’accusation s’appuie sur l’article 86a du Code pénal allemand. Celui-ci punit l’utilisation de symboles d’organisations anticonstitutionnelles et prévoit des amendes ou des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans.
L’avocat de Zitelmann rejette l’accusation. Dans le photomontage, « deux criminels de guerre sont placés face à face ». L’hostilité à l’égard des deux figures serait « manifestement reconnaissable ». C’est pourquoi s’appliquerait la clause dite de pertinence sociale, selon laquelle de telles représentations peuvent être autorisées à des fins d’information ou de critique.
Selon le rapport, cette affaire s’inscrit dans une série d’enquêtes visant des publicistes, dans lesquelles des propos tranchés ou satiriques en lien avec des slogans nationaux-socialistes ont fait l’objet d’un examen pénal.