Dans un rapport complet, le professeur émérite de droit constitutionnel de Lucerne, Paul Richli, a soumis le nouveau paquet d'accords entre la Suisse et l'UE à un examen constitutionnel et a présenté les résultats lors d'une conférence à l'Institut de politique économique.
Richli parvient à un jugement clair: Le paquet marque un «changement de paradigme» passant des accords bilatéraux classiques à des accords d'intégration, qui s'apparentent à une «adhésion partielle à l'UE».
Tandis que l'accord de libre-échange de 1972 et les Bilatérales I étaient encore de véritables accords entre partenaires égaux, le nouveau texte conventionnel conduit à ce que «la Suisse transfère en fait sa compétence législative à l'UE».
Une fois entré en vigueur, il n'y aura «plus de lois et règlements suisses authentiques», mais uniquement le droit de l'UE, qui devra être repris formellement et matériellement en Suisse.
Richli parle d'un «changement constitutionnel matériel»: Sont notamment affectés la législation, l'édiction de règlements et les compétences du Tribunal fédéral.
Les cantons perdraient également leur autonomie législative. «La procédure de consultation est en fait supprimée», écrit Richli, puisque l'UE n'accorde aucune participation, mais consulte tout au plus «informellement des experts».
Le juriste critique particulièrement l'adoption dynamique du droit: Elle conduit à une «érosion des droits démocratiques», car les initiatives populaires ou les référendums deviennent en fait sans effet. Des mesures compensatoires de l'UE pourraient punir la Suisse si elle rejetait un acte législatif de l'UE – cela bafoue la libre formation de la volonté jusqu'ici garantie.
Richli y voit une «violation fondamentale des droits politiques» et met en garde contre un «critère d'échec au bénéfice de l'UE». Le paquet viole en outre l'interdiction de l'arbitraire et le principe de l'unité de la matière, car des accords totalement différents sont regroupés dans un seul vote.
Sa conclusion: Les prétendues «Bilatérales III» sont en réalité des «accords d'intégration I». Leur approbation nécessite impérativement un vote avec double majorité du peuple et des cantons. Tout autre moyen, selon Richli, serait une restructuration constitutionnelle silencieuse sans légitimité démocratique.
Vous pouvez lire le discours complet ici:
https://admin.iwp.swiss/wp-content/uploads/2025/10/2025-10-15_Richli_Referat_IWP-Text.pdf