Des conversations internes et une réunion seraient la preuve que le Parti populaire européen (PPE), formation conservatrice, a travaillé avec l’AfD et d’autres partis de droite sur une proposition de loi visant à durcir la politique migratoire de l’UE. Dans un groupe de discussion, il était écrit, selon la dpa, après l’accord: « Merci beaucoup pour cette excellente collaboration. »
Teresa Suarez/EPA/Keystone
L’enquête de l’Agence de presse allemande (dpa) s’appuie sur des relevés de discussions et des comptes rendus d’une rencontre en personne entre des collaborateurs de différents groupes au Parlement européen. D’après ces informations, des représentants du PPE ont discuté avec les bureaux de députés de partis de droite de modifications à apporter à une proposition de politique migratoire plus stricte. Des demandes de modification provenant du bureau d’une députée de l’AfD auraient également été prises en compte.
Le chef du PPE, Manfred Weber, n’a pas explicitement confirmé l’existence du groupe de discussion dans le journal Bild, mais il a rejeté les accusations de coopération politique. « L’AfD ne joue aucun rôle pour les majorités ni pour le contenu. En tant que président du groupe, je fixe la stratégie. Mais je ne contrôle pas les groupes de discussion des collaborateurs », a déclaré Weber.
Selon l’AfD, ses représentants auraient participé aux discussions sur la proposition de loi. Le chef du groupe AfD au Parlement européen, René Aust, a déclaré: « La raison fait son retour au Parlement européen: coopération au-delà des frontières partisanes plutôt que cache-cache derrière des cordons sanitaires. »
Le PPE continue pour sa part de souligner sa distance vis-à-vis de l’AfD. Le secrétaire général de la CSU, Martin Huber, a déclaré: « Pour la CSU, c’est clair: il n’y a pas de coopération avec l’AfD. Ni en Bavière, ni en Allemagne, ni en Europe. »
L’AfD a toutefois reconnu que ses voix n’étaient pas nécessaires pour obtenir une majorité en faveur de la proposition. Néanmoins, des représentants du parti ont revendiqué en interne une influence sur certaines parties de la décision relative à la politique migratoire européenne. Cette version ne peut pour l’instant pas être vérifiée de manière indépendante.