La Commission d'audit commercial (GPK) du parlement a lancé une inspection concernant l'acquisition du F-35. Contexte : les « prix fixes » annoncés par le département de la défense sous la direction de Viola Amherd pour le chasseur américain se révèlent illusoires – plus d'un milliard de francs de coûts supplémentaires menacent. Selon NZZ am Sonntag, un document interne américain, qui garantit à la Suisse un « prix fixe », ne contient ni chiffres concrets ni définition juridiquement contraignante. Néanmoins, Amherd a maintes fois affirmé au parlement que le prix était fixé. Les critiques parlent de tromperie systématique.
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Amherd a fait passer de justesse l'affaire en 2021 – maintenant, son héritage politique est en jeu. L'ancienne ministre de la défense a ignoré tous les avertissements. Déjà en 2022, l'Inspection fédérale des finances a constaté qu'il n'existait pas de garantie de prix au sens du droit suisse. Réaction d'Amherd : des critiques virulentes envers les contrôleurs. Même les parlementaires ont été écartés ou même attaqués verbalement. La question centrale demeure : le département de la défense a-t-il conduit la Suisse dans un gouffre financier de plusieurs milliards ?
Pour son successeur Martin Pfister, la situation est délicate. Depuis juin 2025, les États-Unis exigent plusieurs centaines de millions de francs supplémentaires. Encore en mai, Pfister avait déclaré devant le parlement que tout se déroulait « comme prévu ». Maintenant, il doit décider : payer plus ou réduire le nombre de jets – ce qui remettrait en question l'exigence de sécurité nationale. En effet, selon une étude commandée par Amherd elle-même, le nombre de 40 jets est indispensable pour protéger l'espace aérien suisse.
La Ruag est également particulièrement affectée. À Emmen, 4 des 36 jets devaient être assemblés – un projet de 200 millions avec plus d'une centaine d'emplois. Cette initiative – appelée en interne « Rigi » – est désormais sur la sellette. Des mesures d'économie pourraient frapper ce contrat régional important. Des politiciens de Lucerne, parmi lesquels le conseiller aux États Damian Müller (PLR) et le conseiller national David Roth (PS), demandent au Conseil fédéral de maintenir l'assemblage.
Le projet F-35 menace de devenir la plus grande affaire d'armement depuis des décennies – avec des conséquences politiques, financières et sécuritaires significatives. La décision de la GPK doit être communiquée le mardi prochain.