Au sein de l’Union européenne (UE), on ne comprend pas l’initiative contre une Suisse à 10 millions d’habitants, sur laquelle le peuple et les cantons se prononceront en juin. On fait confiance au fait que la Suisse continuera de respecter ses engagements internationaux envers l’UE, a déclaré lundi à Bruxelles la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. La libre circulation des personnes est un élément clé des relations entre l’UE et la Suisse et constitue en outre une partie importante des accords avec l’UE, que von der Leyen et le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, ont signés lundi à Bruxelles.
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En sens inverse, ces déclarations de la présidente de la Commission européenne doivent être comprises comme un avertissement implicite. Quiconque se prononce en faveur de l’initiative contre une Suisse à 10 millions d’habitants et souhaite ainsi que la Suisse contrôle de manière autonome l’immigration est présenté par von der Leyen comme un potentiel contrevenant au droit. La déclaration de la présidente de la Commission européenne selon laquelle Bruxelles suivait « de très près » le débat sur l’initiative sonnait également plutôt menaçante. Fait intéressant: interrogée par des journalistes sur ce que ferait l’UE si le peuple et les cantons en Suisse rejetaient les accords avec l’UE, von der Leyen n’a tout simplement pas répondu – même lorsqu’on le lui a demandé explicitement.