Le canton de Zurich, longtemps moteur économique de la Suisse, a connu une évolution rapide ces dernières années. Cela s'est manifesté hier dimanche.
Autrefois connu pour son orientation nettement bourgeoise, les Zurichois ont rejeté une réduction des impôts sur les sociétés.
Cette décision est un revers sévère pour le PLR, le Centre, le FDP et l'UDC, qui se sont mobilisés pour améliorer l'attractivité du site.
© KEYSTONE / MICHAEL BUHOLZER
Le directeur financier de l’UDC, Ernst Stocker, s'est montré perplexe face au résultat. Il est d'avis que les réformes fiscales n'ont une chance que si la population en profite directement, par exemple par des déductions sociales ou des déductions pour garde d'enfants.
En d'autres termes : les entreprises du canton de Zurich n'obtiennent de bonnes conditions-cadres que si l'État-providence est davantage développé.
Cette analyse n'est toutefois pas correcte. Le problème se situe ailleurs.
L'économie fait face à un problème de crédibilité important, amplifié par des fiascos comme celui de Credit Suisse.
En même temps, la classe moyenne est de plus en plus accablée et ponctionnée. La prospérité est de plus en plus répartie, et de nombreux travailleurs acharnés ont à peine plus que ceux qui ne paient ni impôts ni primes d'assurance maladie, ou très peu. En conséquence, la volonté des citoyens moyens de défendre les intérêts économiques diminue.
Un changement ne serait possible que si la politique recentrait ses priorités de manière cohérente sur la classe moyenne. Autrement dit, sur les acteurs qui font tourner le pays.