Le 15e anniversaire de la catastrophe de Fukushima marque un sombre tournant dans la politique énergétique suisse. Ce qui fut alors vendu comme une « sortie » moralement chargée se révèle aujourd’hui être la destruction délibérée de notre sécurité d’approvisionnement. Sous l’effet d’images émotionnelles, la conseillère fédérale en charge de l’énergie de l’époque, Doris Leuthard, a imposé un moratoire technologique sur le nucléaire qui coûte aujourd’hui cher à la Suisse.
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C’est un fiasco en matière de politique énergétique: nous avons sacrifié sans nécessité une technologie éprouvée, sans CO2 et capable d’assurer la charge de base, uniquement pour nous placer dans une dangereuse dépendance vis-à-vis de l’électricité étrangère et de sources d’énergie intermittentes. Le fait que le Conseil des États débatte enfin d’un retour à la raison constitue un aveu tardif de cette erreur monumentale.
La Suisse a besoin d’une politique énergétique réaliste qui sécurise sa place industrielle. Effacer l’énergie nucléaire sans disposer d’un remplacement équivalent est un acte irresponsable envers les générations futures. Il est temps de surmonter le traumatisme de Fukushima et de réhabiliter l’énergie nucléaire comme pilier central de notre indépendance.