Dans le conflit technologique mondial entre les États-Unis et la Chine, l'Europe risque de devenir perdante. Les nouvelles restrictions à l'exportation chinoises de terres rares frappent un continent qui, selon l'auteur britannique Misha Glenny, est « broyé entre les deux fronts ». L'Europe est donc doublement dépendante: de la technologie numérique américaine et du traitement des matières premières chinoises.
AFP or licensors
La Chine domine le traitement des minéraux critiques – plus économique et efficace que l'Occident. Alors que les États-Unis soutiennent leur industrie avec des subventions, en Europe, les préoccupations environnementales bloquent de nombreux projets d'extraction de ressources propres.
La dépendance croît également sur le plan militaire: lors des récents conflits, des tonnes de terres rares ont été utilisées dans les missiles – dont beaucoup sont issus de la production chinoise. Même l'Ukraine mise sur la technologie chinoise pour sa défense anti-drones.
Selon Glenny, l'Europe a bien des stratégies mais peu de mise en œuvre. En matière d'énergie verte, de batteries et de mobilité électrique, la Chine a depuis longtemps pris la tête. Bruxelles manque de rythme et d'investissements.
Dans le Financial Times, l'auteur met en garde: sans un changement de cap, l'Europe restera piégée dans une situation géopolitique délicate – économiquement vulnérable et politiquement manipulable.