Le système de santé français est au bord de l’explosion. De vastes régions sont sous-dotées et qualifiées de « déserts médicaux ». Pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmologue, il faut attendre des semaines, parfois des mois. Les médecins généralistes sont autorisés à facturer 27 euros pour une consultation.
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La Sécurité sociale publique est à bout de souffle. Désormais, les Français doivent s’acquitter d’un euro de participation forfaitaire.
Les débats budgétaires, qui ont duré des semaines, ont été particulièrement vifs au sujet de l’unique « Aide Médicale d’État » (AME): les personnes en situation irrégulière sont soignées aux frais de l’État.
Le Journal officiel vient de publier le nouveau tarif: l’objectif est de mieux lutter contre les abus.
Le nombre de « sans-papiers » est estimé à 800 000. L’an dernier, l’immigration a atteint de nouveaux records. La plupart des nouveaux immigrés venaient de la République démocratique du Congo.
Un Congolais déjà enregistré en Grèce s’est également rendu en France. Il a invoqué des problèmes psychiques: « troubles post-traumatiques », « dépression », « tendances suicidaires ». Il a droit à un « titre de séjour pour raisons de santé » et à une autorisation d’entrée si, dans son pays d’origine, il est moins bien soigné qu’en France.
Les autorités voulaient le lui refuser: le Congolais vient de Grèce et doit être soigné en Grèce.
En dernière instance, le Conseil d’État, la plus haute juridiction chargée de la protection de la Constitution, a dû trancher. Il a estimé que l’homme pouvait rester.
Les soins gratuits aux frais de l’État ne sont pas restreints, mais étendus. Concrètement, cet arrêt signifie que tout réfugié enregistré dans un pays de l’UE peut s’installer en France et s’y faire soigner gratuitement.
Cela concerne par exemple les 500 000 personnes en situation irrégulière dont l’Espagne, pays voisin de la France, souhaite régulariser le statut.