« La retraite est sûre », affichait l’emblématique ministre social Norbert Blüm (CDU) il y a des décennies. C'était aussi faux alors qu'aujourd'hui. Ce vendredi, cependant, la majorité en faveur du paquet de retraites du chancelier Friedrich Merz (CDU) est surtout sûre, car, dans un style socialiste des plus élégant, une « ligne de maintien » pour les retraites à 48 % du dernier revenu brut doit être inscrite, bien que le financement coûte environ 120 milliards d'euros de plus au contribuable.
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Une absurdité éloignée de la réalité, qui va cependant très probablement devenir réalité, car le parti de gauche également socialiste entend aider ce projet surtout controversé au sein de l'Union à obtenir la majorité. La gauche veut s'abstenir et abaisse ainsi le seuil pour la majorité simple nécessaire.
Pendant des semaines, ce sont surtout les jeunes rebelles de l'union des retraites qui ont résisté à ce projet préféré du SPD, parce que la « ligne de maintien » doit également être maintenue au-delà de l'année 2031, comme si le ciel était en fête et les comptes de retraite un vœu exaucé. Avec l'aide de la gauche, rien ne s'oppose plus à la loi ruineuse, car la coalition n'a que douze députés au-dessus de la majorité nécessaire, mais les 18 dissidents ne sont soudain plus décisifs.
En fait. Car évidemment, Merz ne veut pas s'appuyer une fois de plus sur des majorités de gauche après l'échec de l'élection du chancelier, où les héritiers de la SED avaient déjà dû aider, et il exige une loyauté draconienne de la part des siens. Maintenant que la gauche soutient la loi, le peu de résistance sur le fond s'évapore, et la direction du groupe parlementaire reprochera aux critiques de n'avoir réussi qu'à nuire au chancelier. En d'autres termes: Fermez-la, rangez-vous, marchez!
De cette manière, le vote sur les retraites devient une question de confiance indirecte pour Merz, car le SPD a déjà menacé, par la suite, de bloquer tous les projets importants de la coalition si l'Union ne soutient pas la ligne de maintien sans condition. Merz, un chancelier par la grâce des socialistes.
Ah oui, une commission devrait ensuite entreprendre une réforme approfondie des retraites, une fois la ligne de maintien absurde décidée. Que le SPD se détacherait alors des cadeaux de retraite au service de la justice générationnelle, personne n'y croit sérieusement. Changement de politique? La gauche est finie? Réforme de l'État-providence? Nuages roses d'une époque révolue. Ce qui est cher au SPD devient coûteux pour les citoyens.