Les premières réactions à la décision du président américain Donald Trump d'imposer des droits de douane de 39 % sur les produits suisses : catastrophe. Les États-Unis sont perturbés par le déficit massif de la balance commerciale, c'est-à-dire l'excédent d'exportation de la Suisse. Les volumes d'exportation importants sont notamment enregistrés par le secteur pharmaceutique et celui de l'or. En Suisse et en Europe, l'État exerce une pression sur les prix des médicaments afin d'éviter une explosion des primes. Aux États-Unis, en revanche, le marché est libre, ce qui permet aux produits pharmaceutiques – surtout les plus récents – d'atteindre des prix élevés. L'accusation de Trump : les consommateurs américains seraient ainsi « volés ». Pour répondre à cette accusation, il faudrait que l'industrie pharmaceutique suisse produise ses produits destinés au marché américain sur place.
En ce qui concerne l'or, celui-ci est seulement transformé en Suisse puis exporté. Si la production était déplacée aux États-Unis, le déficit de la balance commerciale serait rapidement réduit.
Le Conseil fédéral a également fait des offres correspondantes dans le secteur de l'énergie. Mais l'objectif pour la Suisse doit être de supprimer ces 39 %.
Les Américains ont déjà été sévères avec la Suisse par le passé. Après la Seconde Guerre mondiale, ils ont exigé des paiements en raison de la neutralité. Puis, il y a eu des attaques contre les banques concernant les « avoirs en déshérence » et le secret bancaire (tout en maintenant leur propre secret bancaire). Et l'imposition d'une taxe minimale pour les grandes entreprises (que les États-Unis n'ont ensuite pas appliquée eux-mêmes). En 2022, il y a eu une énorme pression américaine pour adopter les sanctions économiques contre la Russie. La leçon à en tirer : les États n'ont pas d'amis, seulement des intérêts. Il est dangereux de les traiter comme s'ils n'agissaient que par amitié.