Israël et les États-Unis ont éliminé l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême du pays. À Téhéran, des écoles sont bombardées. L’Iran attaque des bases militaires dans plusieurs États satellites des États-Unis. Au Proche-Orient, un incendie généralisé est en cours.
Le gouvernement suisse, qui jusqu’à aujourd’hui joue un rôle de médiateur entre l’Iran et les États-Unis grâce à son mandat de puissance protectrice, refuse depuis le début de la guerre d’agir de manière strictement neutre. Le droit de la neutralité ne s’applique toujours pas. Il ne serait pas possible « d’évaluer si l’escalade au Proche-Orient remplit les conditions d’application », a indiqué au début de la semaine le DFAE. La durée du conflit et l’intensité sont déterminantes. Entre-temps, la guerre fait rage depuis près d’une semaine. Il n’y a aucune perspective de fin rapide. L’intensité ne pourrait être plus élevée. À Berne toutefois, on maintient la position initiale.
Michael Buholzer/Keystone
La question de savoir s’il ne faudrait pas depuis longtemps appliquer le droit de la neutralité ne se pose pas encore actuellement, a estimé la porte-parole du Conseil fédéral Nicole Lamon vendredi lors de la conférence de presse du gouvernement. L’exécutif devra prendre une décision lorsque le gouvernement américain voudra utiliser l’espace aérien suisse pour ses opérations militaires ou acheter du matériel de guerre en Suisse. Jusqu’à présent, cela n’a pas eu lieu. Aucune demande de ce type n’est parvenue depuis fin février 2026. Le gouvernement en a également été informé vendredi, indique la Chancellerie fédérale.
Contrairement à aujourd’hui, le Conseil fédéral appliquait encore le droit de la neutralité lors des guerres du Kosovo et d’Irak. La Suisse avait temporairement interdit aux États-Unis les livraisons d’armes et les survols militaires. Durant la guerre en Irak, le Conseil fédéral a levé l’application de ce droit lorsque l’administration Bush a pris les principales villes du pays à la mi-avril 2003. La décision de Berne a suscité des critiques. Les partisans de la neutralité faisaient alors valoir que la guerre était loin d’être terminée, ce qui s’est révélé exact par la suite.
À la lumière de cela, le numéro d’équilibriste actuel de Cassis et consorts est d’autant plus remarquable. Le gouvernement manque de la force nécessaire pour être strictement neutre. Il ne veut en aucun cas se brouiller avec le président américain Donald Trump. Les négociations douanières se poursuivent.