On ne peut rien attendre de Donald Trump comme indication. La semaine dernière, il a rabroué les Britanniques en disant qu’il n’avait pas besoin d’eux. Cette semaine, il les a rabroués en demandant où était passée leur flotte.
Comme si les Européens n’avaient pas déjà assez de mal à se positionner dans la guerre avec l’Iran. Est-ce notre guerre?
THOMAS KIENZLE / KEYSTONE
Non, dit le gouvernement fédéral après mûre réflexion. Ou peut-être que si? N’est-il pas question de l’existence d’Israël, et l’existence d’Israël n’est-elle pas une raison d’État allemande?
Les Espagnols s’en sortent plus facilement, on n’entend rien des Polonais et des Baltes, et Macron fait du gros bras.
Cette cacophonie est révélatrice d’un continent qui n’est plus considéré comme une force géopolitique crédible – et ce, pas seulement depuis l’entrée en fonction de Trump.
Exemple Ukraine: solidarité avec Zelensky. Aucune idée de solution, encore moins d’ordre d’après-guerre. Pour mémoire: cette guerre se déroule à la frontière extérieure de l’UE.
Exemple Proche-Orient: aucune ligne, aucune opinion, aucun droit de regard sur la guerre à Gaza. Pour mémoire: cette guerre se déroule à quelques kilomètres des côtes de Chypre, membre de l’UE.
Exemple Iran: confusion totale. D’abord avec Trump, puis contre lui, mais peut-être pas vraiment, ou si. Pour mémoire: cette guerre frappe directement et brutalement les économies européennes. Mots-clés: énergie et chaînes d’approvisionnement.
Au fond, peu importe la décision des Européens. Ils ne pèsent pas dans la balance. Ils devraient peut-être se limiter à jouer les bons cicerones en montrant leurs trésors culturels aux Américains, aux Indiens et aux Chinois.
Et pour ce qui est des Britanniques: de toute façon, ils n’ont plus de navires.