Chaque jour, le gouvernement risque un coup d'État au Parlement et le Parlement la dissolution par le président. Chaque jour, les députés inventent des taxes et impôts dont personne ne sait ce qu'ils rapportent et coûtent.
La Cour des Comptes avertit: les coûts de la Sécurité Sociale sont « hors de contrôle ». L'État paie 415 milliards d'euros aux retraités - un quart de son budget global.
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Le monde a observé lorsque des cambrioleurs effrontés mais pas particulièrement professionnels de la banlieue sont venus le dimanche matin en plein jour, comme des laveurs de vitres, et ont volé les joyaux de la couronne au Louvre. Ils sont derrière les barreaux, mais le butin reste introuvable.
Avec tambours et trompettes, les Chinois prennent le contrôle d'un grand magasin historique, le BHV - Bazar de l'Hôtel-de-Ville, nommé d'après la mairie de Paris. Lors de l'ouverture, il a été révélé que la plateforme chinoise livre en France des poupées sexuelles imitant des enfants.
L'État veut s'occuper des récipiendaires. Le ministre des Finances fanfaronne: Nous pouvons interdire Shein. En réponse à l'indignation, le BHV et Shein ont affiché sur la façade des portraits de leurs directeurs souriants en taille géante.
Avec la plateforme de vente en ligne chinoise Temu, la poste française a signé un contrat pour la distribution exclusive de leurs colis. L'accord s'accompagne d'une décision du Parlement: une taxe de 2 euros sera perçue sur chaque article que les plateformes chinoises envoient en France. Pour huit t-shirts, 16 euros.
Et qu'est-ce que fait Macron? Depuis la Slovénie, il annonce aux Français que le retrait de sa réforme des retraites décidé par le Parlement n'est que provisoire.
Il fournit à la justice américaine les preuves, « photos et documents », que sa femme n'est pas un homme. À Paris, le procès contre les transmetteurs locaux de la rumeur américaine est en cours. Cela venait d'abord de Poutine, maintenant des extrémistes de droite de Trump.
Macron a désespérément tenté de jouer un rôle à Gaza et en Ukraine.
Maintenant, il veut sauver la démocratie des « réseaux sociaux et algorithmes ». Il a organisé un forum avec des intellectuels, médecins, entrepreneurs, portant sur les impacts sur la « santé du débat démocratique ».
Leur objectif était de déclencher une « vague dépassant l'Élysée ». Mais en France, l'écho à l'appel de Macron, tout comme la confiance des citoyens envers le président, tend vers zéro.
Dans le reste de l'Europe, on est encore un peu plus à l'écoute quand Macron dit que X et Tik Tok diffusent principalement des contenus d'extrême droite. À Bruxelles, il a présenté ses plans - limite d'âge, contrôle d'identité, responsabilité pour les contenus. À Paris, une partie de cela est déjà en place - et sans effet.
Le magazine britannique Spectator y voit une attaque générale contre la liberté d'expression - « une guerre contre la liberté de parole ». Il attribue à Macron l'intention de planifier une « architecture » pour contrôler le débat public. La tentation existe.
En France, les médias privés appartiennent à dix milliardaires - c'est eux qui ont rendu possible l'élection de Macron en 2017. Ils considèrent Macron comme légitime - les réseaux sociaux ne le sont pas.
À l'exception de Vincent Bolloré, les empires médiatiques sont encore attachés aux espoirs incarnés par Macron. Les magazines et chaînes de Bolloré sont conservateurs et catholiques - et un enrichissement pour la diversité des opinions. Cela n'empêche pas les journaux de gauche et les chaînes publiques de les calomnier comme « d'extrême droite » et « fascistes ».
Depuis la dissolution du Parlement, la liberté d'expression s'est améliorée par rapport à avant. Les médias ouvrent davantage la parole à d'autres opinions.
Les fronts se lézardent. Mais la guerre rhétorique religieuse et civile fait encore rage.
L'engagement de Macron pour la liberté d'expression est peu crédible. Il a banni les journalistes de l'Élysée.
Il a insulté les chaînes publiques en les qualifiant de « honte de la République ».
Sa première porte-parole a avoué qu'elle mentirait pour le chef.
En France, on a compris: Ce que Macron considère comme une menace pour la démocratie est la critique de sa personne.
Elle cible trop souvent en dessous de la ceinture.