Ignazio Cassis, chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), se montre préoccupé. Les principes qui autrefois « permettaient la sécurité en Europe » sont aujourd'hui à nouveau sous le feu, a déploré le ministre des Affaires étrangères à l'occasion de la réunion du Conseil ministériel de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) cette semaine à Vienne.
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La Suisse présidera l'organisation l'année prochaine, ce qui a donné à Cassis l'occasion de se profiler à nouveau sur la scène des grands. Le ministre suisse des Affaires étrangères considère que le « multilatéralisme » est en danger et a rappelé en regardant la guerre en Ukraine l'Acte final d'Helsinki de 1975. Par celui-ci, les États de l'OTAN et du Pacte de Varsovie s'engageaient, pendant la guerre froide, à accepter les frontières de leurs voisins et à résoudre leurs conflits pacifiquement. Maintenant, il s'agit d'utiliser ces principes comme « manuel d'action », a déclaré Cassis, qui a plaidé pour « un renforcement d'une diplomatie multilatérale efficace et inclusive ».
Ce que le ministre suisse des Affaires étrangères n'a pas voulu entendre à Vienne, c'est justement les représentants des gouvernements qui seraient décisifs pour la diplomatie tant vantée par Cassis: le secrétaire d'État de Donald Trump, Marc Rubio, et son homologue russe, Sergueï Lavrov. Tous deux ont évité la réunion.
À la place, de nombreux représentants gouvernementaux se sont réunis dans la capitale autrichienne, des représentants qui n'ont guère d'influence sur l'issue de la guerre en Ukraine, parmi lesquels le ministre fédéral des Affaires étrangères Johann Wadephul ou la ministre finlandaise des Affaires étrangères Elina Valtonen.
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La réunion de Vienne est emblématique de la politique étrangère suisse sous Cassis. Le magistrat tessinois travaille à un rythme effréné à un raccordement à l'UE, qui n'a plus aucun rôle à jouer en matière de résolution de conflits dans la guerre en Ukraine. Dans le même temps, le ministre suisse des Affaires étrangères a échoué à établir des relations avec la Russie et les États-Unis sous la présidence de Trump.
Pour accéder à la Maison Blanche, les entrepreneurs ont dû intervenir. Moscou, quant à elle, évite depuis longtemps le ministre tessinois des Affaires étrangères. C'est le résultat de la conférence de Lugano et de Bürgenstock, où Cassis ne voulait pas que la Russie participe.
Nous notons: Les conditions pour la présidence suisse de l'OSCE sont de mauvais augure. Désormais, les choses ne peuvent que s'améliorer.