Le mandat d’Ignazio Cassis touche à sa fin. Le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) aura 65 ans en avril, atteignant ainsi l’âge ordinaire de la retraite. La présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qu’il exerce cette année, ainsi que sa deuxième année présidentielle en 2027, offrent des occasions propices pour clore sa carrière politique au moins sur un point culminant protocolaire. Un nouvel indice vient désormais s’ajouter, laissant penser que le conseiller fédéral PLR se trouve vraisemblablement dans la dernière phase de son mandat.
Michael Buholzer/Keystone
Mercredi, Markus Seiler, le secrétaire général du département de Cassis (DFAE), a été nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire au Canada et dans le Commonwealth des Bahamas. Seiler, qui fêtera ses 58 ans cette année, pourra terminer sa carrière à Ottawa ou aux Bahamas et y rester actif jusqu’à la retraite anticipée ou ordinaire. Son salaire devrait rester très confortable par rapport à une charge de travail décroissante. À Berne, cette nomination n’est pas considérée comme un parachute doré, mais comme un parapente doré, un tour d’honneur en remerciement pour ses services loyaux.
Seiler, l’ancien chef du service de renseignement, a tenté avec Cassis d’enrayer la dérive à gauche au sein du DFAE. Malgré de bonnes approches, le duo n’y est pas parvenu. Ainsi, en raison des anciens et nouveaux anti-américains de gauche présents au département, le DFAE a totalement manqué la deuxième administration Trump. Parallèlement, Cassis se laisse entraîner vers Bruxelles par des internationalistes de gauche, où la Suisse, en premier lieu l’administration fédérale, est censée se raccorder au monstre bureaucratique bruxellois.
Dans le dossier européen, le Conseil fédéral a perdu sa majorité bourgeoise à cause de Cassis et de ses fonctionnaires du DFAE. Depuis, le gouvernement paraît hésitant, alors qu’il semblait au départ que le bloc de quatre, composé des deux conseillers fédéraux PLR et UDC, pourrait se consolider après la pandémie. Le rôle exact qu’a joué Seiler, ou n’a pas joué, dans le dossier européen est difficile à évaluer de l’extérieur. A-t-il été un moteur ou un frein impuissant dans ce dossier européen?
Seiler est remplacé par son actuel adjoint, Charles Jean-Richard-dit-Bressel. Pour les grandes orientations de la politique étrangère, c’est de toute façon Gabriel Luchinger qui est responsable. L’ancien secrétaire général de l’UDC est l’un des très rares diplomates non de gauche au DFAE. Il est considéré comme le discret coordinateur des négociations de paix entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis, qui se tiennent cette semaine à Genève. Avec la nomination de Seiler, Luchinger devrait officieusement devenir le numéro 2 derrière Cassis au DFAE, du moins tant que le conseiller fédéral PLR sera encore en fonction.