La ministre fédérale de l'Intérieur, Nancy Faeser (SPD), est sous pression parce qu'elle a apparemment publié le rapport de l'Office de protection de la Constitution classant l'AfD comme « assurément d'extrême droite » sans examen professionnel préalable. Comme le rapporte le Bild-zeitung, son ministère avait encore assuré deux semaines auparavant lors d'une conférence de presse gouvernementale : « Nous examinerons le rapport dès qu'il sera disponible. »
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Mais cet examen n'a pas eu lieu, sait le Bild-zeitung. Au lieu de cela, Faeser a décidé seulement quelques jours avant la fin de son mandat de rendre public le document de 1100 pages à la hâte - sans consultation avec les départements spécialisés ou analyse approfondie. La décision est intervenue peu avant l'entrée en fonction de son successeur Alexander Dobrindt (CSU).
Le porte-parole de Faeser a défendu cette démarche : on voulait éviter que l'accusation d'ingérence politique - comme dans les affaires précédentes - ne ressurgisse. Les critiques au sein de l'Union réclament maintenant des éclaircissements. L'expert en sécurité de la CDU, Roderich Kiesewetter, a déclaré au Bild-zeitung : « Madame Faeser doit d'urgence clarifier dans ses fonctions cette affaire sensible. Pourquoi le rapport n'a-t-il pas été examiné malgré la promesse de sa porte-parole ? »
La décision soulève également des questions juridiques : Faeser a la supervision professionnelle de l'Office de protection de la Constitution - une publication sans examen pourrait être considérée comme une violation des obligations de diligence administrative. Politiquement, l'affaire représente une sortie très défavorable pour la politicienne du SPD.