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La fabrique de faux du Conseil fédéral a un nouveau produit. Lors de sa séance de mercredi, le gouvernement a discrètement rebaptisé le paquet de traités de l'UE. Au lieu de « Stabilisation et développement des relations Suisse-UE », on l'appelle désormais « Bilaterales III ». C'est le « Nebelspalter » qui en a parlé en premier. Cela surprend, car le Conseil fédéral s'était déjà mis d'accord sur le nom initial, un peu encombrant. Mais surtout parce que les traités de l'UE ne sont pas un accord bilatéral. Les obligations et les droits des deux parties contractantes ne sont pas du tout équilibrés dans ce cas. Avec l'adoption dynamique du droit, le droit de l'UE est directement intégré dans l'ordre juridique suisse, et ce dans des domaines importants tels que l'immigration, l'électricité ou les denrées alimentaires. On peut le vouloir ou non - ce déséquilibre et la cession de la souveraineté propre ne font cependant aucun doute pour les professeurs de droit. Le nouveau nom est une tromperie d'étiquette au plus haut niveau. Le Conseil fédéral respecte-t-il encore son devoir d'information et informe-t-il les électeurs de manière « objective » et « complète » comme le prévoit, entre autres, la loi fédérale sur les droits politiques? En tout cas, cette manière malhonnête nuit gravement à la crédibilité du Conseil fédéral. Elle montre qu'il est prêt à tout pour faire passer ces traités.