L’Union européenne fait avancer des projets visant à refuser l’entrée dans l’espace Schengen aux anciens soldats russes. «Nous travaillons à tenir potentiellement des centaines de milliers d’anciens soldats russes à l’écart de l’espace Schengen», a déclaré lundi soir à Bruxelles la cheffe du gouvernement estonien, Kaja Kallas, selon l’agence de presse russe Tass.
Oleg Molchanov/Sputnik/AP/Keystone
La base du débat est une note de fond interne qui chiffre les risques pour la sécurité. Selon ce document, depuis le début de la guerre en février 2022, environ 1,5 million de Russes auraient pris part aux combats, et quelque 640 000 autres seraient toujours déployés. Le document cite comme caractéristiques communes l’expérience du combat et le recours à la violence, «y compris la participation probable à des crimes de guerre et à d’autres atrocités». Le rapport recommande une interdiction totale d’entrée pour tous les anciens combattants identifiés dans les États de l’UE et de l’espace Schengen: aucun visa, aucun titre de séjour. Toutefois, les différentes règles nationales en matière de visas compliquent une mise en œuvre uniforme. De plus, il est douteux que les anciens soldats puissent être identifiés de manière fiable s’ils fournissent de fausses informations sur leur identité.
De vives réactions sont venues de Moscou. L’ancien président russe Dmitri Medvedev s’en est pris personnellement à Kallas. «Kaja, la rate blonde, a dit qu’elle travaillait à ce que des centaines de milliers d’anciens soldats russes ne puissent jamais entrer dans l’espace Schengen. Quelle perte pour nos combattants. Eh bien, ils peuvent entrer sans visa, s’ils le souhaitent. Comme en 1812 ou en 1945. Joyeuse Journée des défenseurs de la Patrie!», a‑t‑il écrit sur la plateforme X.
On ne sait pas encore si, et quand, une interdiction d’entrée dans l’UE pour les soldats russes sera décidée. La décision devrait être prise par les États membres de l’Union européenne.