Le soutien à l’imposition individuelle est en chute libre à dix jours de la votation. Lors du premier sondage Tamedia, il s’élevait encore à 64 pour cent, il n’est plus maintenant qu’à 53 pour cent. Le Tages-Anzeiger du groupe Tamedia parle d’un « effondrement considérable pour un projet des autorités ». Un tel effondrement massif serait « inhabituel ».
Urs Flüeler/Keystone
L’explication en est qu’au début, beaucoup ne s’étaient pas encore penchés en détail sur le projet. Qui aurait quelque chose contre l’abolition de ce que l’on appelle la pénalisation du mariage?
Mais entre-temps, le camp du non a déployé ses arguments. Et ceux-ci ont conduit de nombreux citoyens à une compréhension plus approfondie de la matière.
Car il est évident que cette loi ne vaut rien. Elle crée de nombreuses nouvelles injustices. Elle pénalise les couples, qu’ils soient mariés ou non. Elle pénalise les familles. Elle pénalise la répartition inégale des taux d’occupation et restreint ainsi la liberté de choix des modèles de vie. Elle pénalise les parents isolés. Précisément eux!
Les cantons s’opposent eux aussi avec véhémence à l’imposition individuelle. Elle crée un monstre bureaucratique. Il faudrait remplir 1,7 million de déclarations d’impôts supplémentaires. Il faudrait engager 1600 nouveaux fonctionnaires fiscaux. Il faudrait faire appel à des experts coûteux pour que les couples puissent, au prix de grands efforts, dissocier leurs avoirs.
Un projet aussi mauvais pour un objectif politique aussi simple, il fallait d’abord réussir à l’inventer. La pénalisation du mariage peut être supprimée de manière bien plus simple. De nombreux cantons l’ont déjà fait ou sont en train de le faire. Par exemple avec un modèle de splitting. En outre, une prochaine votation sur le sujet aura bientôt lieu – sans toutes les conséquences négatives du projet actuel.
Conclusion: ceux qui veulent abolir la pénalisation du mariage de manière raisonnable, sans créer un fatras de nouveaux problèmes, voteront non le 8 mars.