Il s’agissait d’une tromperie délibérée des électeurs: lorsque le ministre de la Justice du pays, le conseiller fédéral socialiste Beat Jans, a entonné la semaine dernière avec son « chœur d’hommes » le chant de combat pour lancer l’attaque contre l’initiative pour la durabilité (Pas de Suisse à 10 millions d’habitants), la prestation sonnait faux et de travers. On a sciemment donné, par exemple, l’impression qu’en cas d’acceptation de ce texte, plus aucun travailleur qualifié de l’étranger ne serait autorisé à venir dans le pays.
Peter Schneider/Keystone
Heureusement, le chef du groupe parlementaire de l’UDC, Thomas Aeschi, a désormais rétabli les faits lors du dernier « SonnTalk » de TeleZüri. Le conseiller national zougois a expliqué qu’avec une population de 10 millions d’habitants, les frontières ne seraient pas simplement fermées, mais que 40 000 personnes, soit autant que le nombre d’habitants de la ville de Thoune, pourraient continuer à venir chaque année en Suisse, sans qu’il soit nécessaire de résilier la libre circulation des personnes. Ce n’est que si encore plus de personnes venaient que cette résiliation entrerait en jeu.
Et même dans ce cas, la Confédération pourrait continuer à faire venir des personnes en Suisse au moyen de contingents, si l’on avait besoin de travailleurs supplémentaires qualifiés. Il n’est donc nullement question d’isolement, comme le critiquent les opposants. Il en viendra toujours beaucoup. Simplement, la croissance démographique effrénée serait quelque peu freinée.
Et d’ailleurs: les 40 000 personnes évoquées par Aeschi représenteraient encore quatre fois plus que les 8 000 à 10 000 que le Conseil fédéral avait promis au peuple il y a 25 ans, avant la votation sur les accords bilatéraux I.