La directrice générale de la SSR, Susanne Wille, n’a pas accordé d’interview au portail d’actualités 20 Minuten avant la votation du 8 mars sur l’initiative SSR. Le service de presse de la SSR a justifié ce refus en expliquant que « les interviews devaient être soigneusement sélectionnées, car Susanne Wille recevait un très grand nombre de demandes ».
Alessandro della Valle/Keystone
Selon ses propres indications, 20 Minuten avait sollicité un entretien au début de l’année, puis à nouveau en février, afin d’offrir aux électrices et électeurs « une base d’information solide ». La SSR a également refusé de répondre par écrit à un vaste catalogue de questions. Seule a été autorisée une courte interview sur un thème prédéfini, tandis que les grandes questions sont restées sans réponse.
Le catalogue de questions porte principalement sur les conséquences financières et programmatiques de l’initiative « 200 francs, ça suffit », sur laquelle on votera le 8 mars. Il est notamment demandé quels émetteurs, émissions et offres en ligne disparaîtraient en cas d’acceptation et combien de postes devraient être supprimés. Il est également question de savoir si, avec à l’avenir environ 630 millions de francs de redevances plus jusqu’à 200 millions de francs de recettes commerciales, un service de base fiable resterait possible.
D’autres questions concernent le niveau élevé des redevances de radiodiffusion en comparaison européenne, le rôle de la SSR sur le marché numérique, la concurrence avec les groupes de médias privés ainsi que le reproche de distorsion de concurrence. Sont également abordés les quelque 150 canaux de médias sociaux de la SSR, l’utilisation des redevances pour des formats de divertissement comme la série documentaire « Shaolin Challenge », ainsi que les effets sur les retransmissions sportives et la couverture régionale.
Enfin, le catalogue de questions aborde la campagne de votation elle-même: le soutien financier apporté par les opposants à l’initiative, l’apparition publique de la SSR lors d’une « tournée des bistrots » et la vision personnelle de Wille pour la place médiatique suisse en 2030.
Wille avait auparavant déclaré dans le magazine spécialisé « Persönlich » qu’elle se prêtait « à toute interview critique ». Le refus opposé au portail en ligne le plus lu de Suisse suscite donc des critiques. 20 Minuten a publié à la place le catalogue de 20 questions adressées à la patronne de la SSR afin de rendre visibles les « efforts de transparence et d’équilibre » de la rédaction.