Le résultat a été clairement tranché par 15 voix contre 10: la Commission de politique extérieure du Conseil national s’est prononcée mardi contre l’initiative sur la neutralité.
Les membres du PS, des Verts, du Centre et du PLR ont voté contre le projet. Seuls les représentants de l’UDC, dont les rangs sont à l’origine de l’initiative, l’ont soutenu.
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L’initiative populaire, qui interdit l’adhésion à des alliances de guerre et les sanctions économiques, exige une neutralité perpétuelle et armée.
Le contre-projet, qui veut ancrer la neutralité dans la Constitution mais ne prévoit pas d’interdiction des sanctions, n’a lui non plus eu aucune chance au sein de la commission.
Les conseillers nationaux du Centre, emmenés par l’ancien président de parti Gerhard Pfister, se sont ainsi rebellés contre leurs propres conseillers aux États. Le contre-projet, qui doit voir le jour en 2025, est en effet largement l’œuvre des poids lourds du Centre Beat Rieder et Benedikt Würth.
La majorité de la commission considère, tout comme le Conseil fédéral, que l’initiative sur la neutralité met en danger la « marge de manœuvre de la Suisse en matière de politique étrangère », car celle-ci serait fortement restreinte par le texte, selon leur interprétation.
Le Conseil national examinera ensuite l’initiative lors de la session de printemps. Les citoyens devraient probablement se prononcer à son sujet avant la fin de 2026.
Il reste à espérer que le souverain remettra le gouvernement à sa place. L’exécutif n’a certainement pas besoin de davantage de marge de manœuvre qu’elle n’en a déjà aujourd’hui.
Si l’on laisse le Conseil fédéral continuer à agir à sa guise, la Suisse tombera bientôt définitivement dans les griffes de l’OTAN.