Lima – Il a fallu un an et quatre mois pour que le gouvernement Milei se débarrasse du détesté « Cepo » dans les poubelles de l'histoire. À partir de lundi, les Argentins peuvent épargner ou effectuer des transactions dans la devise de leur choix. En général, ce sera le dollar.
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L'annonce est déjà intervenue vendredi soir. Beaucoup craignent une dévaluation massive du peso, la monnaie nationale, dont la valeur était jusqu'à présent artificiellement maintenue avec le Cepo.
En effet, le gouvernement Milei prend un grand risque. Car un effondrement du peso pourrait attiser l'inflation et faire remonter le taux de pauvreté. Cela annulerait peut-être les deux plus grands succès de Milei jusqu'à présent. De nombreux analystes avaient donc spéculé que la libération des devises n'aurait lieu qu'après les élections de mi-mandat en octobre.
Mais Milei avait promis non seulement la liberté, mais aussi le respect de la propriété. Une levée immédiate du Cepo aurait conduit à une expropriation de facto de tous les avoirs en peso, qu'il voulait éviter à tout prix. Milei avait également promis à plusieurs reprises de ne jamais se laisser guider par des considérations électorales. Jusqu'à présent, il a tenu parole sur tous les points.
L'assaut libérateur a été préparé de longue date et est bien amorti. Avec une discipline budgétaire strict, Milei a d'abord mis de l'ordre dans le budget de l'État, l'inflation est sous contrôle, les dérégulations ont stimulé l'économie et surtout l'exportation.
Depuis plus d'un an, la différence entre le taux de change officiel du dollar et le marché noir diminue progressivement. Le FMI vient d'accorder à l'Argentine un prêt de 20 milliards de dollars. Une partie de cet argent est destinée à être injectée sur le marché des changes pour apaiser la demande.
L'Argentine n'est pas encore sortie d'affaire. Une montagne de dettes gigantesque issue de décennies de politique irresponsable de gauche pèse sur le pays. Divers remboursements sont en cours. Mais là encore, Milei reste fidèle à ses promesses : les dettes seront remboursées.
Le pays sud-américain mise ainsi sur des vertus qui étaient autrefois associées à l'Allemagne : austérité, probité, pragmatisme, fiabilité. La levée du Cepo sera une sorte de test décisif : si les marchés réagissent calmement, les Argentins peuvent espérer un avenir florissant.