Plusieurs conseillers aux États de différents bords ont qualifié rétrospectivement la prestation de «du jamais vu», quelque chose de totalement inédit, sans précédent. Il s’agit de Beat Jans et surtout de la manière dont le conseiller fédéral socialiste en charge du dossier a réagi mardi midi à une session extraordinaire consacrée à la question de l’asile.
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Contrairement à ce que son nom pourrait laisser supposer, la situation actuelle en matière d’asile dans le pays est tout sauf extraordinaire, a déclaré Jans lors du débat au Conseil des États. Il n’y aurait aucune urgence, aucune raison d’organiser une session extraordinaire sur ce thème.
Ce qui a fait parler ensuite les conseillers aux États, ce n’était pas cette fois la critique de fond de Jans à l’égard des idées du Parlement. C’était bien davantage la manière de faire du socialiste, qui, dans un mélange d’auto-bilan, de règlement de comptes et d’attaque tous azimuts, a perdu sa contenance en plénière de la Chambre des cantons. Une «Chropfleerete» dans la Chambre de réflexion.
Pour comprendre, il faut savoir qu’une session extraordinaire n’est pas forcément convoquée en raison d’une situation extraordinaire, le seuil est bas. Un quart des membres d’un conseil peut déjà la demander lorsque des motions identiques sur le même sujet ont été déposées dans les deux conseils.
C’est devenu une tradition officieuse dans le camp bourgeois d’organiser quasiment à chaque session une session extraordinaire sur la question de l’asile. Notamment afin de maintenir la pression sur le ministre de l’asile Jans. Le conseiller fédéral socialiste est sous le soupçon latent d’édulcorer la situation, de ne pas appliquer avec suffisamment de fermeté les lois existantes ou d’annoncer des mesures qui ne sont ensuite pas respectées.
Typiques de la politique à la Jans sont, par exemple, les procédures d’asile en 24 heures qu’il a annoncées et qui durent environ trois semaines. Ou les quelques très rares délinquants afghans qui ont été expulsés sous Jans. Ou encore l’état d’urgence en matière d’asile qui est en vigueur depuis trois ans dans le canton d’Argovie, mais que le conseiller fédéral Jans ne mentionne même plus.
Mardi, il a surtout voulu convaincre les conseillers aux États que la situation dans le pays se calmait. Que les représentants des cantons croient ou non le ministre de l’asile, totalement remonté, est une autre question.