En marge du Forum économique mondial (FEM) à Davos, deux politiciens illustres étaient invités dans l'émission de discussion de la chaîne SRF «Gredig direkt»: la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter et le secrétaire général du Conseil de l'Europe Alain Berset.
Keller-Sutter était un sujet central au FEM, après que le président américain Donald Trump se soit moqué dans son discours de ses tentatives de négociation autour des tarifs douaniers contre la Suisse.
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Dans le dialogue avec Urs Gredig, la conseillère fédérale donne un aperçu des événements. À l'époque, l'impression erronée s'était créée qu'elle était responsable du dossier douanier et des négociations correspondantes, selon Keller-Sutter. Mais cela avait toujours été Guy Parmelin, «j'étais par hasard présidente cette année-là et je devais ou pouvais établir le contact».
Parce qu'il n'y avait pas eu de retour des États-Unis concernant l'état des négociations autour des tarifs à la fin juillet 2025, elle avait été notamment priée par le ministère de l'Économie et le secrétariat d'État à l'économie de prendre contact d'elle-même, car: «la date limite approchait».
On lui avait confié la tâche de découvrir ce que le président américain avait l'intention de faire, «mais je ne savais pas ce qu'il pensait, et c'était évidemment un risque». Trump avait rapidement «balayé l'accord de la table» auquel la Suisse avait déjà consenti. Peu de temps après, il avait imposé les tarifs punitifs de 39%.
À la question de savoir si elle ferait quelque chose différemment concernant le coup de téléphone décisif avec Trump, la conseillère fédérale du FDP répond: «Je n'avais pas le choix.»
Elle a souvent réfléchi à ce qui se serait passé si elle n'avait pas appelé Washington, selon Karin Keller-Sutter. Son constat: «On m'aurait critiquée, on aurait dit: Elle se croyait trop belle, elle n'a pas rempli sa mission.»
De ce point de vue, elle était «un peu piégée dans ce rôle présidentiel, j'en étais un peu victime».