Selon une analyse du magazine britannique The Economist, la Chine s’attend à tirer des avantages stratégiques de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran et y voit avant tout une erreur de Washington. Le journal écrit, en se fondant sur des entretiens avec des diplomates, conseillers et experts chinois, qu’à Pékin le conflit est considéré comme une « grave erreur des États-Unis » et que l’on s’en tient à la maxime: « N’interromps jamais ton ennemi lorsqu’il est en train de commettre une erreur. »
JESSICA LEE / KEYSTONE
Au sein de la direction chinoise, prévaut ainsi l’évaluation selon laquelle les États-Unis agiraient par faiblesse. L’intervention militaire contraste avec l’absence de stratégie et d’orientation politique. Le président Donald Trump aurait ignoré les avertissements et agi avec des objectifs flous. À Pékin, on s’attend de plus en plus, selon le rapport, à ce que la guerre accélère la perception d’un déclin américain.
Dans le même temps, la Chine voit des opportunités. Un conflit prolongé lierait les États-Unis au Moyen-Orient et les détournerait de l’Asie. Les États qui comptent sur Washington pourraient, face à la hausse des prix de l’énergie et à l’incertitude, se montrer plus prudents à l’égard de la Chine. Parallèlement, la guerre confirme, du point de vue de Pékin, sa propre stratégie d’autarcie économique et technologique. La Chine a constitué des réserves de pétrole, diversifié ses sources d’énergie et tente de contrôler elle-même les chaînes d’approvisionnement critiques.
Sur le plan économique aussi, Pékin compte sur des avantages. La reconstruction dans la région du Golfe ainsi que la demande en technologies énergétiques et solaires chinoises sont considérées comme des domaines d’activité possibles. Parallèlement, la Chine espère pouvoir amener un gouvernement américain affaibli à faire des concessions sur les droits de douane et les contrôles à l’exportation.
Mais il existe aussi des réserves. Selon le rapport, des experts chinois se disent surpris par l’utilisation de l’intelligence artificielle par l’armée américaine. De plus, la crainte de dommages économiques en cas d’escalade prolongée ne cesse de croître.